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Eugène Nyambal dénonce un « Triangle Équilatéral » excluant des régions entières du Cameroun

L'économiste Eugène Nyambal dénonce un système de gouvernance au Cameroun, le « Triangle Équilatéral », qui marginalise des régions entières, appelant à une réforme profonde pour plus d'inclusion et d

Eugène Nyambal dénonce un « Triangle Équilatéral » excluant des régions entières du Cameroun
Actualités Cameroun

L'économiste Eugène Nyambal a récemment dénoncé un système de gouvernance au Cameroun qu'il qualifie de « Triangle Équilatéral », un arrangement informel qui, selon lui, marginalise des régions entières du pays. Cette critique intervient dans un contexte de débats sur la réforme constitutionnelle en cours.

Nyambal observe que depuis 1982, les postes stratégiques de l'État et de l'économie camerounaise sont principalement occupés par des personnes originaires des régions du Sud, du Centre et de l'Est, suivies par celles de l'Ouest. Il remet en question l'égalité des chances pour les citoyens issus d'autres régions, notamment le Grand Littoral, le Sud-Ouest et le Nord-Ouest. Le concept de « Triangle Équilatéral », théorisé par feu le professeur Gabriel Nlep, désigne ce partage de pouvoir entre le Grand Nord, les Ékangs et les Grassfields, excluant de facto d'autres populations.

Nyambal compare cette situation à du racisme, soulignant que les inégalités fondées sur l'origine tribale, linguistique ou religieuse sont fondamentalement similaires à la discrimination raciale. Il s'interroge sur les perspectives d'avenir pour un enfant né à Douala, Eseka ou Foumban par rapport à ceux issus des régions dominantes, questionnant ainsi le pacte républicain.

Selon Nyambal, ce système de gouvernance repose sur la réservation des postes clés aux ressortissants des blocs dominants, tandis que les groupes minoritaires sont relégués à des rôles secondaires. Il rejette l'idée de quotas pour corriger ces inégalités, préconisant plutôt une réforme profonde de la gouvernance qui accorderait plus de pouvoir et de ressources aux régions et aux villes, créant ainsi des opportunités pour tous les Camerounais.

Nyambal avertit que cette gouvernance ethnique fragilise la cohésion nationale et pourrait mener à l'implosion du Cameroun d'ici trois à cinq ans si rien ne change. Il appelle les groupes marginalisés à adopter des stratégies collectives pour peser sur la gestion du pays, soulignant que la méritocratie, à l'image de la diversité des talents au sein des Lions Indomptables, devrait être le fondement de la répartition des responsabilités. La réforme constitutionnelle en cours offre une opportunité de changement, mais la volonté politique des blocs dominants reste un facteur déterminant. L'économiste, qui a été consultant à la Banque Mondiale et au FMI, insiste sur le fait que le Cameroun doit choisir entre un modèle inclusif et un modèle fédéral pour assurer son avenir.

Source : www.camer.be