Un étudiant de Master 1 de l'Université de Yaoundé II, Bulawah Conrald Kain, a perdu la vie dans sa chambre, victime d'une électrocution alors qu'il utilisait son téléphone branché sur le secteur. Le drame s'est déroulé mardi dernier à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion, plongeant la communauté universitaire dans la consternation.
Selon les premiers éléments de l'enquête, une surtension aurait traversé le téléphone de l'étudiant alors qu'il était en charge, le tuant sur le coup. Les autorités, rapidement arrivées sur les lieux, ont ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes de l'accident.
L'attention se porte sur l'utilisation probable d'un chargeur et d'un câble de qualité inférieure, dépourvus de certifications. Ces accessoires, souvent moins chers, ne respectent pas les normes de sécurité et peuvent s'avérer mortels. Le marché africain est inondé de ces produits contrefaits, vendus sans aucun contrôle de qualité, représentant un véritable danger pour les consommateurs.
Techniquement, le risque d'électrocution survient lorsqu'un défaut d'isolation se produit. Un chargeur sûr doit être fabriqué selon des normes rigoureuses, intégrant des mécanismes de régulation de la tension. Les modèles bas de gamme sont souvent incapables de gérer les variations de tension du réseau électrique. Le courant peut alors se propager à travers le corps de l'utilisateur, le transformant en conducteur.
Ce drame met en lumière un problème de santé publique majeur. L'absence de contrôle sur les accessoires électroniques vendus sur le marché informel expose les consommateurs à des risques considérables. Les étudiants, souvent avec des budgets limités, sont particulièrement vulnérables, privilégiant le prix à la sécurité.
Face à cette tragédie, des questions se posent quant à la nécessité d'un contrôle plus strict des importations de chargeurs et d'une sensibilisation accrue aux dangers des produits non certifiés. Combien de vies devront encore être sacrifiées avant que des mesures concrètes soient prises ?
L'incident relance le débat sur la qualité et la sécurité des appareils électroniques vendus en Afrique. En 2022, une nouvelle réglementation au Cameroun visait à collecter les droits de douane et les taxes sur les téléphones importés, transférant la charge du paiement à l'utilisateur final en cas de défaut de l'importateur. Cette mesure avait suscité une vive opposition.
Au-delà des mesures fiscales, c'est la question de la normalisation et de la certification des produits qui est au cœur du problème. Des organismes comme UL testent et établissent des normes pour les accessoires de charge. L'absence de ces certifications sur les produits bon marché est un signal d'alarme.
« On récolte ce que l'on sème », avertissait Randy Ivans, responsable du programme fil et câble chez UL. L'acquisition d'un chargeur bon marché peut s'avérer être un mauvais calcul.