À partir du 2 avril 2026, la ville de Douala intensifie la régulation des moto-taxis avec de nouvelles mesures et des contrôles renforcés. Le maire de la ville, Roger Mbassa Ndine, a annoncé des opérations de contrôle systématiques et inopinées ciblant particulièrement les quartiers d'Akwa, Bali et Bonapriso.
Ces mesures visent à mieux encadrer une activité en pleine expansion, mais souvent source de désordre urbain, d'insécurité routière et de criminalité. La mairie souhaite professionnaliser le secteur et améliorer la sécurité des usagers.
Les contrôles concerneront deux catégories de conducteurs. Les conducteurs de moto-taxis à usage commercial devront présenter une attestation d'enrôlement au programme d'assainissement du secteur et porter un chasuble homologué délivré par la Communauté urbaine de Douala (CUD). Les conducteurs à titre personnel devront justifier de leur permis de conduire, de la carte grise de leur véhicule et d'une assurance valide.
L'initiative répond à plusieurs préoccupations. L'encombrement chronique de la ville par des moto-taxis non répertoriés et ne respectant pas le code de la route est une source majeure de perturbations. De plus, des plaintes répétées de riverains et d'automobilistes dénoncent l'insécurité liée à des motos circulant sans plaque d'immatriculation ni assurance.
La mairie de Douala a déjà mis en place un programme d'identification des conducteurs de moto-taxis, avec l'attribution de chasubles et de numéros d'identification uniques. En janvier 2025, environ 10 000 conducteurs sur les 20 000 attendus avaient été enregistrés. Le port de la chasuble est désormais obligatoire et son non-respect expose les contrevenants à des sanctions.
Si ces mesures sont appliquées rigoureusement, elles pourraient assainir le secteur, améliorer la sécurité routière et renforcer la crédibilité de la profession. Cependant, des défis persistent, notamment le risque de corruption et la grogne potentielle des conducteurs non enregistrés. La transparence et l'équité seront donc essentielles pour le succès de cette réforme.
La question reste de savoir si les conducteurs accepteront ces nouvelles règles ou si Douala connaîtra une nouvelle vague de contestations. La ville de Douala continue ses efforts pour structurer le secteur du transport par moto-taxi, avec des campagnes de sensibilisation et un enregistrement sur une plateforme digitale.