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Douala : Annulation du titre foncier de Djeuga Palace, les raisons dévoilées

Le titre foncier de l'hôtel Djeuga Palace à Douala annulé suite à une décision ministérielle. En cause, un terrain appartenant au domaine ferroviaire et une occupation supérieure à la concession initi

Douala : Annulation du titre foncier de Djeuga Palace, les raisons dévoilées
Actualités Cameroun

Le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, Henri EYEBE AYISSI, a annulé le titre foncier de la Société Hôtelière DJEUGA PALACE à Douala, propriété du député Jean Claude FEUTHEU, suite à une requête du Cabinet Conseil ATOU. Cette décision, rendue publique le 2 février 2026, suscite de vives réactions dans les milieux d'affaires camerounais.

Le Cabinet ATOU, à l'origine de la requête, a publié une note d'information expliquant les motifs de cette annulation. Selon le cabinet, le terrain de 10 350 mètres carrés, situé au cœur de Douala, au giratoire Joss, appartenait en réalité au domaine ferroviaire de l'ex-Régie Nationale des Chemins de Fer du Cameroun (REFERCAM) depuis 1926. En 2008, lors de la transaction initiale, le site avait été qualifié de manière contestable de « domaine national de 2ème catégorie », une classification impliquant qu'il n'avait jamais été exploité par l'homme, ce qui est difficilement justifiable pour un terrain en plein centre urbain.

De plus, Jean Claude FEUTHEU aurait obtenu une concession provisoire de 5 314 mètres carrés, transformée ensuite en titre foncier définitif, mais aurait occupé en réalité 1,35 hectare, soit plus du double de la superficie accordée. L'acquisition de ce terrain de plus d'un hectare s'est faite pour un montant de 29 millions de francs CFA, alors que sa valeur réelle est estimée à 10 milliards de francs CFA.

Le ministre des Domaines a donc donné gain de cause au Cabinet ATOU, agissant pour la sauvegarde des actifs résiduels de l'ex-REGIFERCAM. Cette affaire oppose les deux parties depuis 2008. L'annulation du titre foncier soulève des questions sur les responsabilités et les compensations potentielles, notamment si l'hôtel Djeuga Palace doit être démoli.

L'annulation de titres fonciers est un sujet sensible au Cameroun, en particulier lorsque cela concerne des zones stratégiques ou des investissements importants. Des annulations récentes ont soulevé des interrogations sur la compétence administrative et le respect des procédures légales. La décision concernant Djeuga Palace intervient dans un contexte où la transparence et la régularité des transactions foncières sont de plus en plus scrutées.