La mort de Consty Eka, figure emblématique de l'audiovisuel africain, survenue le 16 février 2026 à Abidjan, en Côte d'Ivoire, suscite de vives émotions et des interrogations. Si les causes officielles du décès font état d'un malaise, des zones d'ombre persistent, notamment concernant les circonstances exactes et le lieu de sa sépulture.
Trois points principaux alimentent la controverse : l'absence d'autopsie, un conflit familial concernant le lieu d'inhumation, et la disparition d'un témoin clé. Selon des sources proches du dossier, une autopsie, qui aurait permis d'éclaircir les causes du décès, n'aurait pas été pratiquée suite au refus de la veuve présumée. Par ailleurs, un désaccord oppose la famille sur le lieu où devrait reposer Consty Eka. Alors que certains proches souhaitent qu'il soit inhumé à Mvolyé, au Cameroun, auprès de ses parents, d'autres privilégient Offa, un village ivoirien. Cette divergence est perçue par certains comme une rupture avec ses racines camerounaises.
Un témoin nommé Samba, de nationalité sénégalaise, qui aurait été présent lors des derniers instants de Consty Eka, serait introuvable. Cette disparition alimente les spéculations et les rumeurs autour des circonstances du décès. Le débat dépasse le cadre familial et prend une dimension identitaire. La question de la naturalisation ivoirienne de Consty Eka est soulevée, certains y voyant une forme d'« exil posthume ».
L'absence d'enquête formelle est également pointée du doigt, fragilisant la confiance et interpellant les autorités ivoiriennes sur leur rôle dans cette affaire. Une clarification médico-légale pourrait apaiser les tensions, mais sans réponse, la polémique risque de s'amplifier, notamment sur les réseaux sociaux.
Consty Eka, de son nom complet Constant Marie Eka Mebenga, était une figure marquante du paysage médiatique camerounais et ivoirien. Animateur, producteur et entrepreneur, il a fondé le groupe média CEKAM, ainsi que la chaîne CEN TV et la radio Voltage 2. Son parcours a été salué pour sa contribution à la promotion de la culture africaine et son rôle de pionnier dans le développement de l'audiovisuel en Afrique francophone. Son décès laisse un vide important dans le monde des médias africains, et les interrogations entourant sa mort ne font qu'amplifier la tristesse et l'émotion suscitées par sa disparition.
L'affaire Consty Eka soulève des questions complexes liées à la gestion des successions symboliques transnationales et à la mémoire collective. Entre le Cameroun et la Côte d'Ivoire, l'enjeu dépasse un simple lieu d'inhumation et touche à la crédibilité institutionnelle. La question de savoir de quoi est réellement mort Consty Eka et qui a intérêt à maintenir l'opacité reste entière.