Le professeur de droit public Jean Calvin Aba’a Oyono a déposé une plainte auprès du commissaire du gouvernement près le tribunal militaire de Yaoundé. Il vise le secrétaire d’État à la Défense chargé de la gendarmerie nationale, Galax Etoga, et des membres du service central des recherches judiciaires, les accusant de plusieurs infractions.
L'opposant politique accuse ces responsables de « violation de consignes », un acte puni par le code de justice militaire, ainsi que de « coaction, complicité, abus de fonction, rébellion aggravée, préparatifs dangereux, menaces sous conditions, arrestation et séquestration aggravées, violation de domicile aggravée », des infractions relevant du code pénal.
Les faits remontent au 25 octobre 2025, période de crise post-électorale, précédant la proclamation des résultats de l'élection présidentielle du 12 octobre. Aba’a Oyono affirme avoir été « enlevé » à son domicile par des agents de la direction générale de la recherche extérieure (DGRE), puis transporté et interrogé au SED.
Selon sa plainte, le jour de son arrestation, des agents cagoulés de la DGRE, sans mandat ni convocation, l'ont emmené de force de son domicile. Il relate avoir été roué de coups, insulté et soumis à des traitements inhumains durant son transfert au SED. Il accuse également le personnel du service central des recherches judiciaires du SED d’avoir confisqué ses téléphones et violé le secret de ses correspondances sans autorisation judiciaire.
Aba’a Oyono établit un lien entre la DGRE et le SED, suggérant une entente préalable à son enlèvement et à sa détention. Avant de saisir le tribunal militaire, il avait adressé un recours gracieux au directeur général de la recherche extérieure, demandant une réparation de trois milliards de FCFA pour 42 jours de détention illégale.