La Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) est confrontée à une crise financière majeure en raison d'une dette colossale de 263 milliards de FCFA accumulée par ses États membres. Face à cette situation alarmante, l'institution a pris des mesures drastiques, allant jusqu'à la menace d'exclusion des pays récalcitrants.
Le Parlement de la CEMAC a adopté une résolution le 2 mars, marquant la fin de la « diplomatie de la patience ». Désormais, des sanctions automatiques seront appliquées aux États membres qui ne paient pas leurs cotisations, sans possibilité de recours politiques dilatoires. Les articles 51 et 52 du nouveau règlement permettent à la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) de prélever directement les sommes dues sur les comptes des pays défaillants. Ce mécanisme de saisie automatique vise à court-circuiter les mauvais payeurs et à assainir les finances de l'organisation.
Outre les ponctions financières, la CEMAC envisage de suspendre les États récalcitrants de toutes les activités et instances communautaires. Cette mesure radicale vise à dissuader les comportements de passager clandestin et à garantir la survie de l'intégration régionale. L'enjeu est de taille : sans financements réguliers, la mise en œuvre de politiques communes, notamment dans les domaines douanier, monétaire et sécuritaire, serait compromise.
Cette décision marque un tournant dans la gestion des finances de la CEMAC et pourrait paradoxalement renforcer la discipline budgétaire collective. Reste à savoir quels États sont les principaux débiteurs et comment ils réagiront face à cette perte de souveraineté financière. En 2025, les États membres de la CEMAC ont eu recours aux marchés de la dette publique, levant un montant record de 5272,8 milliards de FCFA. Le Cameroun s'est positionné comme le troisième plus grand émetteur de titres publics sur le marché régional de la CEMAC, atteignant 1831,35 milliards de FCFA au 31 janvier 2026.