L'Assemblée nationale du Cameroun opère sans mandat légitime depuis plus d'un an, une situation qui, selon l'opposition, entrave le débat démocratique et bloque toute transformation significative du système politique.
Le 18 mars 2026, l'Union Démocratique du Cameroun (UDC) a publié une déclaration critiquant ce qu'elle considère comme une simple « élection » des nouveaux dirigeants des deux chambres du Parlement. Pour l'UDC, ces changements de personnes ne représentent pas une véritable alternance, mais plutôt le maintien d'un système verrouillé par l'exécutif depuis plus de quarante ans. Cette déclaration intervient dans un contexte de forte abstention et de défiance populaire envers les institutions.
L'UDC souligne que le mandat des députés a expiré en 2024, et que sa prorogation par le pouvoir en place, ainsi que le non-respect du calendrier électoral, ont contribué à désengager les citoyens du processus démocratique. Cette situation a engendré une crise de légitimité au sein de l'Assemblée nationale, censée représenter le peuple et contrôler l'action gouvernementale.
En théorie, l'Assemblée nationale détient le pouvoir législatif et le contrôle de l'exécutif. Cependant, dans la pratique, la majorité parlementaire est souvent soumise à la discipline du parti au pouvoir plutôt qu'à la défense des intérêts nationaux. Cela conduit à une situation où la plupart des lois votées émanent directement du gouvernement, transformant les députés en une simple chambre d'enregistrement.
L'UDC appelle à une refonte institutionnelle et à des élections crédibles, soulignant la nécessité pour l'opposition de s'unir pour incarner une véritable alternative. Le parti invite la société civile, les jeunes et les femmes à jouer un rôle central dans ce rééquilibrage, afin de construire une majorité nouvelle capable de prendre les rênes du Parlement et d'engager des transformations structurelles durables.
À court terme, cette paralysie institutionnelle entrave l'adoption de réformes cruciales pour le développement du Cameroun. À long terme, c'est la survie même du modèle démocratique camerounais qui est en jeu. L'UDC se dit prête à collaborer avec tous ceux qui partagent cette vision, mais reste à voir si les autres forces de l'opposition et la société civile parviendront à s'unir pour transformer cette ambition en une dynamique collective. Le 17 mars 2026, un renouvellement sans précédent a eu lieu au sommet du Parlement, avec Théodore Datouo remplaçant Cavaye Yeguié Djibril à l'Assemblée nationale et Aboubakary Abdoulaye succédant à Marcel Niat Njifenji au Sénat. Ces changements, orchestrés par le Comité central du RDPC, marquent une rupture symbolique et ouvrent la voie à une recomposition politique majeure.