Un cadre historique du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM), Jean Baptiste Ketchateng, a démissionné de ses fonctions, accusant le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) d'avoir orchestré une prise de contrôle du parti de l'intérieur. Cette démission, rendue publique le 23 mars 2026, met en lumière une crise profonde au sein du parti d'opposition, exacerbée par l'absence d'obsèques officielles pour son ancien leader, Anicet Ekane.
Militant de longue date, Ketchateng occupait des postes de responsabilité au sein du MANIDEM depuis 2018. Il dénonce une opération méthodique du RDPC visant à neutraliser le parti, allant jusqu'à parler d'une "entreprise de destruction d'un bien public fondamental". Selon lui, le RDPC a "quasiment pris le contrôle" du MANIDEM, une situation qu'il ne peut cautionner. L'absence d'obsèques officielles pour Anicet Ekane, décédé le 1er décembre 2025, cristallise cette crise, ce vide organisationnel étant perçu comme une stratégie de neutralisation.
Ketchateng souligne que le lancement officiel des obsèques d'Anicet Ekane, initialement prévu le 20 mars, n'a jamais eu lieu, et qu'aucune communication du parti n'a été faite concernant le calendrier ou le lieu d'inhumation. Il qualifie ce flou de "signe politique capital", pointant du doigt une paralysie des instances dirigeantes depuis six mois. Cette situation, selon lui, permet à des forces externes de peser sur les décisions du parti, avec pour objectif de priver le peuple camerounais d'un "phare" politique.
La démission de Ketchateng fragilise davantage l'opposition, déjà fragilisée depuis la présidentielle d'octobre 2025, où le MANIDEM avait joué un rôle clé au sein de l'Union pour le Changement. Son départ pourrait inciter d'autres membres à quitter le navire, accélérant ainsi la déliquescence du parti. Pour le RDPC, cette situation représente une opportunité de consolider son pouvoir face à une opposition affaiblie. L'avenir du MANIDEM est désormais incertain. Saura-t-il se réformer et résister à l'infiltration, ou deviendra-t-il un simple satellite du RDPC ?