Kaptmedia

Crise au Cameroun : Issa Tchiroma Bakary alerte sur une faillite technique de l'État

Issa Tchiroma Bakary alerte sur la "faillite technique" du Cameroun et appelle à la mobilisation face à la crise économique et politique. Défis financiers, tensions politiques et enjeux infrastructure

Crise au Cameroun : Issa Tchiroma Bakary alerte sur une faillite technique de l'État
Actualités Cameroun

L'ancien ministre et figure politique camerounaise, Issa Tchiroma Bakary, a tiré la sonnette d'alarme quant à la situation économique et politique du Cameroun. Dans une déclaration datée du 27 février 2026, il a évoqué une « faillite technique » de l'État, appelant à une mobilisation générale des Camerounais, tant au pays qu'à l'étranger.

Se présentant comme le « président élu », Tchiroma Bakary a dénoncé une dégradation accélérée de la situation économique et institutionnelle du pays depuis le début de l'année 2026. Il a pointé du doigt des indicateurs financiers alarmants, un endettement croissant de l'État et des difficultés à honorer ses engagements financiers. Selon lui, la population camerounaise subit les conséquences de ces difficultés à travers des retards dans les projets d'infrastructures, un déficit énergétique persistant et des lacunes dans le système de santé.

Tchiroma Bakary a également dénoncé une crise de gouvernance, affirmant que le Cameroun est « confisqué par le trafic des hautes instructions » et qu'il n'y a plus de gouvernement au sommet de l'État, mais plutôt une « guerre des chefs de clans ». Il a aussi mis en cause une crise morale, faisant référence à des images de l'intimité présidentielle dévoyée et à la légèreté des mœurs au sommet de l'État, qu'il juge être un mauvais exemple pour la jeunesse.

L'ancien ministre a lancé un appel à la mobilisation, invitant les Camerounais à « relever la tête » face à ce qu'il considère comme un pouvoir usurpateur. Il a appelé à la générosité pour soutenir les victimes de la répression post-électorale et a encouragé les Camerounais de la diaspora à s'impliquer dans la bataille pour le « Palais d'Etoudi », siège de la présidence camerounaise.

Parallèlement à cette déclaration, le Cameroun fait face à des défis économiques croissants. Le pays a été confronté à une séquence de remboursements importants sur le marché des titres publics de la BEAC (Banque des États de l'Afrique Centrale). En février 2026, le Trésor camerounais devait rembourser 52,750 milliards de FCFA pour une émission obligataire et 13,442 milliards de FCFA pour des bons du Trésor, soit un total de 65,7 milliards de FCFA. Pour faire face à ces échéances, le Cameroun a émis de nouveaux titres publics pour un montant de 70 milliards de FCFA.

En janvier 2026, les taux d'intérêt moyens servis aux investisseurs sur les bons du Trésor ont légèrement reculé, s'établissant à 6,87 % contre 7,11 % en décembre 2025. Cependant, ces taux restent supérieurs à ceux des années précédentes, reflétant une concurrence accrue sur le marché des titres publics de la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale).

Dans le domaine des infrastructures, les travaux de construction de la falaise de Dschang se poursuivent, avec un taux d'exécution estimé à 60 %. Le projet, qui a connu des aléas tels que des glissements de terrain, devrait être achevé d'ici le 14 avril 2026.

La situation économique et politique du Cameroun reste donc préoccupante, marquée par des défis financiers, des tensions politiques et des enjeux de développement infrastructurel. Les prochains mois seront déterminants pour l'avenir du pays.

Source : actucameroun.info