La Super Coupe du Cameroun a été le théâtre d'une scène de protestation inhabituelle ce samedi 1er mars 2026, lorsque le club Colombe du Dja et Lobo a décidé de quitter le terrain pour dénoncer un arbitrage qu'il jugeait partial lors de son match contre la Panthère Sportive du Ndé. Cette action radicale fait suite à une accumulation de frustrations liées à des décisions arbitrales contestables, culminant lors de cette rencontre de Super Coupe.
Selon Alain Denis Ikoul, analyste de la scène footballistique camerounaise, Colombe du Dja et Lobo se sentait déjà visée par un acharnement arbitral depuis plusieurs semaines. Le club avait publiquement dénoncé des créances impayées de la part de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), s'élevant à plus d'un demi-milliard de francs CFA, accumulées sur quatre ans. Ces créances concernent des subventions de l'État et diverses primes. En osant briser l'omerta et réclamer ses droits, le club s'attendait à des représailles.
Lors du match de la Super Coupe, un penalty jugé « totalement imaginaire » a été sifflé contre Colombe, exacerbant la tension. Les dirigeants de Panthère seraient même entrés dans le vestiaire des arbitres à la mi-temps, selon le club. Face à cette situation, Colombe a choisi de suivre le conseil de Samuel Eto'o, président de la FECAFOOT, qui avait déclaré lors de la dernière CAN, qu'il est courageux de dire non à l'injustice.
En quittant le terrain, Colombe du Dja et Lobo a pris un risque considérable pour dénoncer ce qu'il considère comme une « république des champions sur mesures », où les victoires se décideraient en dehors du terrain, au mépris du mérite sportif. Le club espère ainsi mettre fin à la corruption et à l'arbitrage maison, et redonner au football ses valeurs d'équité et de justice.
Cependant, cette action pourrait avoir de lourdes conséquences pour Colombe du Dja et Lobo. Le club pourrait subir un arbitrage encore plus défavorable à l'avenir, une relégation abusive, des suspensions pour ses dirigeants, et des injures en ligne. Malgré les risques, les joueurs et dirigeants de Colombe estiment qu'il était nécessaire de dire « nous voulons juste un arbitrage équitable ».
La FECAFOOT n'a pas encore réagi officiellement à cet incident. L'instance dirigeante du football camerounais devra se prononcer sur les suites à donner à cette affaire, qui met en lumière les problèmes persistants d'arbitrage et de gouvernance dans le football camerounais. En attendant, l'image du football camerounais est ternie par ce fiasco survenu lors d'un match censé célébrer les champions.