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Coup de théâtre à la Cour suprême du Cameroun : le procès des « Nera 10 » annulé

La Cour suprême du Cameroun annule le procès des leaders séparatistes anglophones « Nera 10 » pour vice de forme, ordonnant un nouveau procès en appel après huit ans de détention.

Coup de théâtre à la Cour suprême du Cameroun : le procès des « Nera 10 » annulé
Actualités Cameroun

La Cour suprême du Cameroun a annulé ce jeudi 19 mars 2026 le procès en appel de Sisiku Ayuk Tabe et de ses neuf co-accusés, connus sous le nom de « Nera 10 ». Cette décision marque un nouveau tournant dans une affaire qui dure depuis plus de huit ans et qui concerne des figures majeures de la crise anglophone au Cameroun.

La Cour suprême a ordonné que l'affaire soit rejugée en appel, annulant intégralement la procédure précédente pour vice de forme. Selon un communiqué de la Vice-Présidence de la République fédérale d'Ambazonie, l'audience s'est tenue dans la matinée à Yaoundé. La décision de la Cour suprême est sans appel : le verdict et l'intégralité des débats de la cour d'appel sont déclarés nuls, et l'affaire est renvoyée devant une nouvelle formation de la cour d'appel.

Sisiku Ayuk Tabe, ancien président autoproclamé de la « République d'Ambazonie », et ses codétenus ont été arrêtés en janvier 2018. Ils ont ensuite été condamnés à la prison à vie par un tribunal militaire en 2019 sur des accusations de terrorisme et de sécession. Leurs conditions de détention et de jugement ont été régulièrement dénoncées par des ONG internationales comme symboles des atteintes aux droits de l'homme dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

L'annulation du procès constitue une victoire juridique pour la défense, reconnaissant implicitement des dysfonctionnements antérieurs. La Cour suprême n'a pas simplement corrigé une peine, mais a estimé que la forme même du jugement était viciée, invalidant les preuves ou les débats antérieurs. Pour les avocats de la défense, cette décision offre une opportunité de réexaminer complètement le dossier, en espérant que les arguments de fond sur le caractère politique des charges soient enfin entendus. Bien que les détenus restent en prison, un nouveau procès pourrait avoir lieu dans les six à douze prochains mois, sous la surveillance accrue des chancelleries occidentales. Cette affaire met en lumière les défis persistants liés à la crise anglophone et souligne l'importance de garantir un procès équitable pour tous.

La question demeure de savoir si un procès impartial est réellement possible après huit ans de détention, ou si cette annulation ne fait que retarder une condamnation politique inévitable. La communauté internationale reste attentive à l'évolution de cette affaire, qui représente un test crucial pour l'État de droit au Cameroun.

Source : www.camer.be