Le groupe panafricain Dangote Cement, dirigé par le milliardaire nigérian Aliko Dangote, a signé un contrat d'un milliard de dollars avec le groupe chinois Sinoma Engineering. Cet accord vise à la construction de nouvelles cimenteries et à la modernisation d'usines existantes dans sept pays africains, dont le Cameroun, l'Éthiopie et le Nigeria.
Pour le Cameroun, deux options sont envisagées : étendre les capacités de l'usine Dangote Cement à Douala (1,5 million de tonnes par an) ou relancer le projet de construction d'une seconde unité de même capacité à Nomayos, près de Yaoundé, en suspens depuis plus de dix ans. Aliko Dangote avait annoncé ce projet en 2015, prévoyant un investissement de 88 milliards de FCFA et une mise en service en 20 mois. En 2024, Dangote aurait obtenu l'accord du gouvernement pour lancer les travaux.
Ce nouveau contrat avec Sinoma pourrait relancer ce projet, bien que Dangote Cement n'ait pas encore communiqué sur la configuration retenue pour le Cameroun. L'entrée de Dangote Cement en 2015 a mis fin à 48 ans de monopole de Cimencam, filiale de Lafarge Holcim Maroc Afrique. Depuis, le marché camerounais a vu l'arrivée de plusieurs autres acteurs, augmentant les capacités nationales à près de 12 millions de tonnes, pour une demande estimée à 8 millions de tonnes.
Malgré cette surcapacité, le prix du sac de ciment de 50 kg reste élevé, entre 5 100 et 5 300 FCFA à Douala et Yaoundé. Le ministre du Commerce évoque des soupçons d'entente illicite sur les prix.
Parallèlement, l'homme d'affaires ivoirien Koné Dossongui relance son projet d'usine de ciment d'un million de tonnes à Kribi. La Société de ciment du Cameroun, filiale d'Atlantic Group contrôlée par Dossongui, a signé un avenant à sa convention avec l'Agence de promotion des investissements le 19 février 2026. Les travaux de construction devraient démarrer en 2026, pour une durée de 24 mois. L'investissement total dépassera les 39 milliards FCFA initialement prévus.
La zone industrialo-portuaire de Kribi (KPIZ), où l'usine sera située, pourrait ajouter jusqu'à 8 points de croissance à l'économie camerounaise et générer 150 000 emplois.
En février 2026, Dangote a déclaré que ces projets étaient essentiels pour atteindre son objectif de production de 80 millions de tonnes par an d'ici 2030.