Selon les récentes données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), le Cameroun figure parmi les pays les plus endettés de la zone CEMAC sur le marché des titres publics. Au 31 janvier 2026, l'encours des titres publics émis par le Cameroun s'élève à 1 829,2 milliards de FCFA, représentant 19,4 % de l'encours global des titres émis sur ce marché. Cette situation met en lumière la dépendance croissante du pays aux financements mobilisés via le marché régional pour soutenir son économie et financer ses projets de développement.
Les obligations du Trésor assimilables (OTA) dominent le marché des titres de la CEMAC, représentant 82,9 % des emprunts réalisés par les États membres, avec un encours de 7 835,2 milliards de FCFA. Ces titres, dont les maturités varient de deux à plus de dix ans, sont principalement utilisés pour financer des projets de développement. Les États de la CEMAC montrent un intérêt particulier pour les OTA de 2 à 5 ans, qui représentent plus de 5 900 milliards de FCFA, soit 62,5 % de la dette globale du marché. À l'inverse, les bons du Trésor assimilables (BTA), utilisés pour répondre à des besoins de trésorerie ponctuels, affichent un encours de 1 616,2 milliards de FCFA.
Le recours accru au marché des titres publics témoigne de la stratégie adoptée par les États de la CEMAC pour pallier le manque de recettes propres et financer leurs projets. Le Cameroun, comme ses voisins, utilise ces émissions pour répondre à des besoins de financement additionnels et absorber les tensions de trésorerie. Cependant, cette dépendance croissante à l'endettement suscite des inquiétudes quant à la soutenabilité de la dette publique du pays.
En janvier 2026, l'État camerounais a enclenché des emprunts massifs s'élevant à plus de 1 900 milliards de FCFA, suscitant des interrogations sur l'impact de cet endettement sur la vie quotidienne des Camerounais. Des experts appellent à une transparence totale sur l'utilisation de ces fonds, soulignant que chaque franc emprunté sans création de richesse réelle constitue une charge supplémentaire pour les générations futures.
Le budget de l'État pour 2026 s'élève à 8 816,4 milliards de FCFA, en hausse de 14 % par rapport à 2025. Cette augmentation est destinée à soutenir les infrastructures, les secteurs sociaux et à assurer une gestion rigoureuse des finances publiques. Cependant, le budget prévoit également un déficit de 631 milliards de FCFA, financé par des emprunts. Le FMI prévoit une accélération de la croissance à 3,3 % en 2026, puis à plus de 4 % à partir de 2028, sous réserve de la levée des obstacles dans le secteur énergétique. La dette publique du Cameroun continue de susciter des débats et des appels à la prudence, dans un contexte économique marqué par des besoins de financement croissants.