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Célestin Bedzigui conteste la version officielle du décès d'Anicet Ekane : « Il est mort en martyr »

Célestin Bedzigui réfute la version officielle de la mort d'Anicet Ekane, figure de l'opposition décédée en détention, et affirme qu'il est mort en martyr, pointant la responsabilité de l'État camerou

Célestin Bedzigui conteste la version officielle du décès d'Anicet Ekane : « Il est mort en martyr »
Actualités Cameroun

Célestin Bedzigui, président du Parti pour l’alliance libérale (PAL), s'oppose aux conclusions de l'enquête sur la mort d'Anicet Ekane, figure de l'opposition camerounaise décédée en détention. Alors que le ministère de la Défense affirme qu'Ekane est décédé de causes naturelles, Bedzigui, dans une tribune publiée ce 25 février, soutient qu'il est mort en martyr.

Anicet Ekane, âgé de 74 ans, avait été arrêté le 24 octobre à Douala, accusé d'avoir fomenté des troubles après l'élection présidentielle contestée qui a vu Paul Biya remporter un huitième mandat. Son arrestation et sa détention avaient suscité des inquiétudes quant à son état de santé, notamment en raison de problèmes respiratoires préexistants. Des organisations de défense des droits de l'homme, comme Human Rights Watch, avaient appelé à une enquête impartiale sur les circonstances de son décès.

Bedzigui dénonce l'inhumanité du système de répression politique au Cameroun, soulignant que maintenir en détention une personne malade équivaut à la tuer. Il estime que le colonel responsable du lieu de détention et les médecins traitants auraient dû alerter les autorités politiques sur l'inopportunité de maintenir Ekane en prison, compte tenu de son état de santé. Il pointe un « zèle coupable » engageant la responsabilité personnelle des individus impliqués et celle de l'État.

« Ils parleront sans savoir… », écrit Bedzigui, évoquant ses 35 années de compagnonnage avec Ekane dans la dissidence et leur aspiration commune à un changement par les voies institutionnelles. Il salue le combat mené par Ekane et lui souhaite de trouver enfin le repos.

Le ministère de la Défense a déclaré qu'une autopsie avait été réalisée et que celle-ci avait été complétée par des examens supplémentaires effectués en Suisse. Les résultats ont conclu à une mort naturelle due à de graves problèmes de santé. Le corps d'Ekane a été remis à sa famille le 23 février. L'affaire continue de susciter des réactions passionnées au sein de la scène politique camerounaise et de la société civile.

Source : www.lebledparle.com