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Cameroun : Valère Bessala (Parti Jouvence) dénonce une trahison de la volonté populaire par Paul Biya

Valère Bessala du parti Jouvence critique la réforme constitutionnelle créant un poste de vice-président, dénonçant une trahison de la volonté populaire par Paul Biya.

Cameroun : Valère Bessala (Parti Jouvence) dénonce une trahison de la volonté populaire par Paul Biya
Actualités Cameroun

La récente adoption par le parlement camerounais d'une réforme constitutionnelle créant un poste de vice-président continue de susciter de vives réactions. Valère Bessala, leader du parti Jouvence, dénonce une remise en cause des principes démocratiques, pointant du doigt le mode de désignation du futur vice-président.

Bessala critique le fait que, contrairement à la période d'avant 1972 où le vice-président était élu en même temps que le président, le projet actuel prévoit une nomination par le chef de l'État. Il considère cette évolution comme une rupture avec la tradition démocratique, écartant le peuple du processus de désignation et concentrant davantage de pouvoir entre les mains de l'exécutif.

Valère Bessala établit une comparaison entre Paul Biya et l'ancien président Ahmadou Ahidjo, louant ce dernier pour avoir structuré l'État et anticipé sa succession. Il estime que la trajectoire actuelle s'éloigne de cet héritage, alimentant un débat politique déjà intense autour de la réforme institutionnelle.

La réforme constitutionnelle, examinée par le parlement le 2 avril 2026, introduit le poste de vice-président, qui serait nommé directement par le président et non élu par le peuple. Cette modification affecte plusieurs articles de la Constitution de 1972, déjà révisée en 1996 et 2008.

Selon ses détracteurs, en nommant lui-même le vice-président, Paul Biya, âgé de 93 ans et au pouvoir depuis 1982, s'arroge le droit de choisir son successeur, contournant ainsi le vote populaire. L'Union Sociale Démocratique (SDF) a formellement rejeté le projet de loi, dénonçant un processus « antidémocratique » et insistant sur l'élection d'un ticket présidentiel unique.

Auparavant, en cas de vacance de la présidence, le président du Sénat assurait l'intérim jusqu'à l'organisation d'élections. Désormais, le vice-président achèverait automatiquement le mandat présidentiel en cours, sans élection. Cette mesure soulève des inquiétudes quant à la légitimité démocratique du futur dirigeant.

Le 4 avril 2026, le parlement camerounais a adopté l'amendement constitutionnel avec 200 voix pour, 18 contre et 4 abstentions. Cette réforme a pour objectif, selon les autorités, de prévenir toute crise institutionnelle liée à une éventuelle vacance du pouvoir. L'opposition y voit une manœuvre pour consolider le pouvoir en place et contrôler étroitement la succession à la tête de l'État.

Alors que Paul Biya entame son huitième mandat, cette réforme constitutionnelle suscite des interrogations quant à l'avenir démocratique du Cameroun.

Source : www.lebledparle.com