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Cameroun : Vague de sanctions contre des journalistes et médias par le Conseil national de la communication

Le Conseil national de la communication sanctionne sept journalistes et plusieurs médias pour non-respect de l'éthique. Ces décisions relancent le débat sur la liberté de la presse au Cameroun.

Cameroun : Vague de sanctions contre des journalistes et médias par le Conseil national de la communication
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Le Conseil national de la communication (CNC) a sévi lors de sa 49ᵉ session ordinaire, tenue à Yaoundé le 5 mars 2026, en sanctionnant sept journalistes et plusieurs organes de presse. Ces mesures disciplinaires, allant de suspensions à des avertissements, visent des contenus jugés non conformes à l'éthique et à la déontologie journalistiques. Ces décisions relancent le débat sur la liberté de la presse au Cameroun.

Plusieurs plaintes ont été examinées par le CNC, présidé par Joseph Chebongkeng Kalabubse. Le quotidien Le Jour est particulièrement touché : son directeur de publication, Haman Mana, a reçu un avertissement, tandis que son rédacteur en chef, Jules Romuald Nkonlak, et le journaliste Adolarc Lamissa ont été suspendus pour un mois. Nkonlak est sanctionné pour un article analysant les résultats de l'élection présidentielle, tandis que Lamissa est sanctionné suite à une plainte de Galax Etoga, Secrétaire d'État auprès du Ministre de la défense, chargé de la Gendarmerie Nationale, qui lui reprochait la publication d'informations « non fondées et mensongères, de nature à jeter le discrédit sur la Gendarmerie nationale ».

La sanction la plus lourde frappe Emmanuel Yimga et son journal L’Ouragan Indépendant, suspendus pour six mois. Le CNC justifie cette décision par le fait que le directeur de publication n'a pas répondu aux convocations de l'instance. Philippe Boney, présentateur de l’émission Club d’Élites sur Vision 4, écope d'un mois de suspension pour des propos jugés offensants envers le Premier ministre Joseph Dion Ngute et pour avoir mis en cause l'intégrité de l'élection présidentielle. Richard Bondol, animateur de l’émission Génération Libre, est également sanctionné pour des manquements à l'éthique journalistique. La chaîne Équinoxe TV a reçu un avertissement après la diffusion d’une déclaration attribuée à Issa Tchiroma Bakary appelant les populations à rester chez elles après la proclamation des résultats de la présidentielle.

Ces sanctions suscitent des réactions mitigées. Haman Mana, directeur de publication du quotidien Le Jour, a réagi en estimant que cette décision portait atteinte à son honneur professionnel, considérant ce verdict comme « une espèce d'hommage du vice à la vertu ». Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC) a dénoncé ces sanctions, les qualifiant de « répression répétitive des médias » et appelant à une autorégulation de la profession.

Le CNC, organe de régulation des médias au Cameroun, est chargé de veiller au respect des lois en matière de communication sociale, de l'éthique et de la déontologie professionnelle. Ses décisions interviennent dans un contexte où la liberté de la presse au Cameroun est régulièrement remise en question par des organisations de défense des droits des journalistes.

Source : www.237online.com