La police camerounaise est secouée par une affaire de disparition de stupéfiants qui a conduit au limogeage d'un haut responsable. Le commissaire divisionnaire Amadou, directeur régional de la Police Judiciaire du Littoral, a été démis de ses fonctions par le Délégué Général à la Sûreté Nationale, Martin Mbarga Nguele. Cette décision fait suite à la disparition d'une importante saisie de drogue d'une valeur estimée à 600 millions de FCFA.
Selon les informations disponibles, la cargaison de drogue avait été interceptée, inventoriée et enregistrée conformément à la procédure. Cependant, au moment de la destruction par incinération, le stock s'est mystérieusement volatilisé. Une enquête interne a été ouverte pour déterminer les responsabilités et identifier les éventuelles complicités à différents niveaux de la hiérarchie.
L'affaire a éclaté grâce au témoignage de certains éléments de la Police judiciaire, initialement visés par des sanctions disciplinaires. Leurs accusations ont directement mis en cause le commissaire Amadou, entraînant sa suspension et le lancement d'une enquête qui pourrait prendre une tournure judiciaire.
Cette affaire met en lumière les failles potentielles dans la chaîne de conservation des scellés, une étape cruciale des procédures pénales. La drogue saisie, une fois inventoriée, est censée être placée sous haute surveillance jusqu'à sa destruction, chaque mouvement devant être tracé et chaque responsable identifié. La disparition d'une telle quantité de stupéfiants soulève des questions sur l'efficacité des protocoles en vigueur et sur l'éventuelle implication de plusieurs acteurs.
Au-delà de l'enquête en cours, cette affaire porte un coup dur à la crédibilité des forces de l'ordre camerounaises, déjà perçues comme corrompues par une majorité de la population. Comment justifier les opérations de saisie si la marchandise confisquée se retrouve ensuite sur le marché noir ? La confiance du public est ébranlée, et une réforme des mécanismes de contrôle interne pourrait s'avérer nécessaire.
Si aucune communication officielle n'a été faite sur les suites judiciaires de cette affaire, elle met en lumière un problème récurrent au Cameroun : la corruption au sein des forces de l'ordre. En 2023, l'indice de perception de la corruption de Transparency International révélait que la police était considérée comme l'institution la plus corrompue du pays.
En février 2026, les autorités douanières ont saisi près de 2,5 tonnes de stupéfiants à l'aéroport international de Douala, dont de la cocaïne en provenance d'Allemagne et du tramadol expédié d'Inde et du Soudan du Sud. Cette saisie record, d'une valeur estimée à 50 milliards de FCFA, souligne l'ampleur du trafic de drogue dans le pays. L'affaire du commissaire Amadou relance les interrogations sur l'intégrité du système et la nécessité de renforcer les contrôles pour lutter efficacement contre le trafic de stupéfiants au Cameroun. Reste à savoir si d'autres têtes tomberont dans cette affaire.