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Cameroun : Un avocat interdit de rencontrer ses clients à la prison de Bagangté, une entrave au droit de la défense

L'avocat Me Kegne s'est vu refuser l'accès à la prison de Bagangté pour rencontrer ses clients, des détenus politiques, soulevant des questions sur le droit à la défense au Cameroun. Les exigences de

Cameroun : Un avocat interdit de rencontrer ses clients à la prison de Bagangté, une entrave au droit de la défense
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L'avocat Me Kegne s'est vu refuser l'accès à la prison de Bagangté ce lundi, alors qu'il se rendait sur place pour rencontrer ses clients, des détenus politiques. Cet incident soulève de sérieuses questions quant au respect du droit de la défense au Cameroun.

Me Kegne, venu spécialement de Douala, a rencontré une série d'obstacles dès son arrivée. D'abord, l'accès au parking de la prison lui a été refusé, l'obligeant à se garer à plusieurs centaines de mètres de l'entrée, sous un soleil intense. Ensuite, les gardiens ont exigé des documents supplémentaires, notamment un permis de communiquer délivré par le commissaire du gouvernement à Bafoussam et une lettre de constitution. Malgré la présentation de sa carte professionnelle et du dossier de procédure contenant l'ordonnance de mise en détention provisoire de ses clients, l'accès lui a été catégoriquement refusé.

Face à ce refus, Me Kegne a tenté de s'entretenir avec un responsable, mais il a été menacé de brutalités s'il persistait. Cette intimidation l'a contraint à rebrousser chemin, incapable d'accomplir sa mission professionnelle. Selon Me Kegne, ce n'est pas la première fois qu'il rencontre des difficultés avec l'administration pénitentiaire de Bagangté. Il relate qu'il avait déjà eu des problèmes avec le régisseur de la prison pour avoir filmé et publié des images de l'établissement sur les réseaux sociaux.

L'entrave au droit de la défense est un principe fondamental dans un État de droit. Un avocat doit pouvoir rencontrer ses clients détenus librement, dans le respect des procédures. Exiger des documents supplémentaires, au-delà de la carte professionnelle et des pièces de procédure, constitue une obstruction caractérisée. Me Kegne était accompagné de Serge Branco NANA, témoin de la scène, dont la présence pourrait corroborer les faits si l'affaire était portée devant les autorités compétentes.

Cette affaire met en lumière les défis rencontrés par les avocats dans l'exercice de leur profession au Cameroun, en particulier lorsqu'il s'agit de défendre des détenus politiques. L'attitude du personnel de la prison de Bagangté soulève des interrogations quant à l'indépendance de la justice et au respect des droits des justiciables. L'avocat est reparti sans avoir pu rencontrer ses clients, laissant en suspens la question de l'accès à une défense équitable pour tous.

Source : www.camer.be