Au Cameroun, une révision constitutionnelle majeure se profile à l'horizon, suscitant des débats passionnés sur l'avenir politique du pays. Selon des sources internes à l'appareil d'État, le projet de révision est techniquement prêt et pourrait être mis en œuvre dès une session parlementaire extraordinaire. Cette initiative, pilotée par les services de Paul Biya sous la coordination de Ferdinand Ngoh Ngoh depuis plus d'un an, pourrait redéfinir profondément l'équilibre des pouvoirs au sein de la République.
Au cœur de cette réforme se trouve la création d'un poste de vice-président, une idée qui circule depuis le début des années 2000 sans jamais s'être concrétisée. La tendance actuelle privilégie une nomination par le chef de l'État plutôt qu'une élection, ce qui s'alignerait sur la nature présidentialiste du régime camerounais. Cette nomination marquerait un tournant, car actuellement, c'est le président du Sénat qui assure l'intérim en cas de vacance du pouvoir.
Outre la création de ce poste clé, d'autres modifications sont à l'étude. L'âge minimum requis pour se présenter à l'élection présidentielle, actuellement fixé à 35 ans, pourrait être abaissé, tout comme la durée du mandat présidentiel de 7 ans. Le Code électoral pourrait également être rouvert, notamment pour faciliter le retour d'Issa Tchiroma Bakary dans le processus de dialogue politique.
La réforme prévoit également un renforcement des collectivités territoriales décentralisées, avec la création de nouvelles communes, un redécoupage administratif et une revalorisation du rôle des chefferies traditionnelles au sein des Conseils régionaux. Les travaux préparatoires ont été menés par des constitutionnalistes de renom, tels que Luc Sindjoun et Jean-Claude Awala Wodougué. L'article 63 de la Constitution encadre la procédure de révision, exigeant une majorité des trois cinquièmes au Parlement.
La mise en œuvre de ces changements pourrait avoir lieu lors de la session parlementaire de mars 2026. Cette session pourrait être cruciale pour l'évolution du cadre institutionnel du Cameroun, à l'approche d'échéances politiques majeures. L'introduction d'un vice-président pourrait garantir une stabilité et une voie de succession claire, tout en allégeant la charge de travail du chef de l'État.