Kaptmedia

Cameroun : Révision constitutionnelle en vue pour gérer la succession de Paul Biya ?

Une révision constitutionnelle au Cameroun pourrait viser à gérer la succession de Paul Biya, 93 ans, en créant un poste de vice-président pour assurer la continuité du pouvoir.

Cameroun : Révision constitutionnelle en vue pour gérer la succession de Paul Biya ?
Actualités Cameroun

Des rumeurs persistantes agitent le Cameroun concernant une possible révision constitutionnelle, alimentant les spéculations sur la succession du président Paul Biya, âgé de 93 ans. Ces rumeurs font surface seize ans après la réforme de 2008 qui avait supprimé la limitation des mandats présidentiels, permettant ainsi à Biya de se maintenir au pouvoir.

L'objectif principal de cette révision serait de permettre au mandat présidentiel actuel, qui a débuté le 12 octobre 2025 et doit théoriquement se terminer en 2032, d'arriver à son terme, avec ou sans Paul Biya. L'absence de vice-président dans l'architecture institutionnelle actuelle crée un vide juridique en cas de vacance du pouvoir, ce que certains cherchent à combler par cette révision.

Bien qu'aucun texte officiel n'ait été déposé, les cercles du pouvoir semblent activement préparer le terrain. L'enjeu est de garantir la continuité du système sans recourir à une élection anticipée. La création d'un poste de vice-président permettrait de contourner l'organisation d'une telle élection, l'actuel président de l'Assemblée nationale, traditionnellement désigné pour assurer l'intérim, ne garantissant pas la continuité souhaitée par les proches du pouvoir.

Cette démarche s'inscrit dans une logique de verrouillage du système politique camerounais. La révision de 2008 visait à éliminer l'alternance, tandis que celle de 2026 chercherait à contrôler la transition. Le Parlement camerounais, dominé par le RDPC, parti au pouvoir, pourrait adopter rapidement une telle révision, nécessitant une majorité des deux tiers.

L'annonce officielle d'un tel projet pourrait déclencher une crise politique majeure. L'opposition, déjà marginalisée, pourrait tenter de mobiliser la rue, tandis que les partenaires internationaux observeraient attentivement le respect des principes démocratiques. La création d'un poste de vice-président modifierait profondément l'équilibre institutionnel, renforçant l'immobilisme politique.

Le Cameroun a déjà connu une révision constitutionnelle en 2008 pour permettre à Paul Biya de se maintenir au pouvoir. Aujourd'hui, une nouvelle révision semble se profiler pour gérer son absence potentielle. L'histoire institutionnelle du pays se résume-t-elle à une série d'ajustements juridiques visant à éviter l'alternance ? La réponse à cette question déterminera l'avenir politique du Cameroun.

Source : www.camer.be