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Cameroun : Révélations sur un centre de détention secret pour les déportés de Trump à Yaoundé

Un centre de détention secret à Yaoundé héberge des déportés des États-Unis. L'affaire soulève des questions sur la coopération Cameroun-USA et les droits des détenus.

Cameroun : Révélations sur un centre de détention secret pour les déportés de Trump à Yaoundé
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Un discret bâtiment situé dans le quartier d'Elig-Essono à Yaoundé abrite un secret d'État : la détention de ressortissants étrangers expulsés des États-Unis sous l'administration Trump. L'information, d'abord évoquée par le New York Times sans localisation précise, a été révélée par The Africa Report le 19 février 2025.

Ces déportations s'inscrivent dans une politique américaine d'expulsion accélérée. Le silence des gouvernements camerounais et américain sur ces transferts alimente les inquiétudes quant aux conditions de détention et aux droits des personnes concernées. Les familles sont tenues dans l'ignorance, et les avocats rencontrent des difficultés pour accéder aux détenus.

Des journalistes et l'avocat des déportés ont été empêchés d'approcher le site, voire violentés par les autorités camerounaises, soulevant des questions sur ce que Yaoundé cherche à dissimuler. Des analystes suggèrent des liens possibles avec des dossiers sensibles impliquant l'opposition politique ou des réseaux économiques transnationaux.

Cette affaire met en lumière une coopération discrète entre Washington et Yaoundé, où le Cameroun accepte d'accueillir des déportés dans le cadre d'une politique migratoire externalisée par les États-Unis. Cette coopération, critiquée par des organisations de défense des droits humains, pourrait avoir des répercussions sur les relations migratoires entre l'Afrique centrale et les États-Unis. Le nombre exact de détenus et les conditions légales de leur détention restent flous.

Selon The Africa Report, 15 migrants africains sont détenus dans cette villa depuis janvier 2026. Ils seraient originaires du Ghana, du Zimbabwe, de Sierra Leone, d'Ouganda et du Kenya. Des informations de février 2026 indiquent que cinq journalistes ont été arrêtés pour avoir tenté de couvrir l'histoire. L'avocat Joseph Awah Fru a déclaré que les autorités camerounaises ont indiqué aux déportés qu'ils ne quitteraient les lieux que pour retourner dans leur pays d'origine, ce qui équivaudrait, pour certains, à signer leur arrêt de mort.