L'Assemblée nationale du Cameroun a adopté, le 23 mars 2026, une loi prolongeant le mandat des députés jusqu'au 20 décembre 2026. Cette décision, présentée par certains comme une simple formalité technique, a immédiatement suscité des critiques et des interrogations quant à sa constitutionnalité et à ses implications politiques.
Le gouvernement justifie cette prorogation par des contraintes budgétaires et des difficultés logistiques rencontrées par Elections Cameroon (Elecam) dans la préparation des élections. Il évoque également la nécessité de réparer les dommages causés par la crise post-électorale de 2025. Selon le ministre délégué à la Présidence chargé des Relations avec les Assemblées, François Bolvine Wakata, cette prolongation permettra de « poursuivre sereinement la recherche et la collecte des ressources nécessaires au financement des prochaines échéances électorales ».
Cependant, cette justification est loin de convaincre l'opposition. Le député Jean Michel Nintcheu dénonce une « interprétation fantaisiste et biaisée » de la Constitution, motivée par des considérations purement électoralistes. D'autres acteurs politiques, comme Abdouraman Hamadou Babba, ont saisi le Conseil constitutionnel pour contester la conformité de cette prorogation. Ils estiment que cette décision fragilise la légitimité des institutions et constitue une manipulation du calendrier électoral.
Il est important de noter que ce n'est pas la première fois que le mandat des députés est prolongé au Cameroun. En juillet 2024, une première prolongation avait déjà été votée, repoussant la date des élections au 30 mars 2026. Ces reports successifs alimentent le débat sur la nécessité d'une réforme du système électoral et d'un renforcement de la transparence des scrutins.
La décision de proroger le mandat des députés a été adoptée malgré les critiques de l'opposition, et le Sénat, à majorité du parti au pouvoir, devrait bientôt l'entériner avant sa promulgation par le Chef de l'État. Les prochaines semaines seront cruciales pour observer les réactions de la société civile et des partenaires internationaux face à cette situation.
En attendant, le mandat des députés est prolongé jusqu'au 20 décembre 2026, date à laquelle de nouvelles élections législatives devraient se tenir.