Le Cameroun met l'accent sur la jeunesse dans sa récente sélection de 600 candidats pour les programmes de doctorat (PhD) dans les 11 universités d'État du pays. Les recteurs et vice-chanceliers ont officialisé les listes le 23 mars 2026, révélant une nette préférence pour les candidats âgés de 23 à 38 ans. Cette initiative du ministère de l'Enseignement supérieur (MINESUP) fait suite aux directives présidentielles de novembre 2025, visant à revitaliser les programmes doctoraux tout en mettant l'accent sur la qualité et la pertinence des recherches pour le développement national.
La sélection privilégie les jeunes diplômés ayant obtenu d'excellents résultats académiques, avec des moyennes supérieures à 12/20 au niveau Master. L'âge des candidats retenus se situe majoritairement entre 23 et 29 ans, ceux dans la trentaine étant minoritaires. Cette orientation vise à former une nouvelle génération d'enseignants et de chercheurs capables d'assurer la relève dans les institutions d'enseignement supérieur.
Cette décision intervient après une suspension de deux ans des admissions en doctorat, motivée par des préoccupations concernant l'encadrement et la qualité de la recherche. Le gouvernement a profité de cette pause pour renforcer les critères d'admission et mettre en place un nouveau cadre axé sur la qualité, la durabilité et une expansion contrôlée des programmes doctoraux. Les candidats doivent être titulaires d'un Master de recherche et obtenir une moyenne minimale de 12/20. Des exceptions sont possibles pour des raisons d'équité, notamment pour favoriser l'inclusion des personnes handicapées et l'équilibre entre les genres.
Le nombre de places par encadrant est désormais limité à trois étudiants camerounais et deux étudiants étrangers. Cette mesure vise à améliorer la qualité de l'encadrement et à éviter la surcharge des directeurs de thèse. Le gouvernement a également centralisé la supervision par le biais de la Commission Nationale de Formation Doctorale, chargée de coordonner les sélections, de contrôler la qualité et de fournir un soutien à la recherche.
Si cette initiative est saluée par beaucoup comme un moyen de dynamiser la recherche et l'innovation au Cameroun, certains regrettent que la période de suspension des recrutements ait pénalisé des candidats plus âgés qui auraient pu bénéficier de cette opportunité. D'autres craignent que le quota de 600 places ne soit insuffisant pour répondre à la demande, compte tenu du nombre élevé de jeunes diplômés et des aspirations de nombreux professionnels à poursuivre des études doctorales. Malgré ces préoccupations, le gouvernement maintient le cap, soulignant la nécessité d'aligner la recherche doctorale sur les priorités de développement du pays.