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Cameroun : Plus de 3 400 enseignants à l'étranger continuent de percevoir leurs salaires

Plus de 3 400 enseignants camerounais à l'étranger continuent de percevoir leurs salaires. Une enquête révèle une fraude massive et un manque à gagner de 46 milliards FCFA pour l'État.

Cameroun : Plus de 3 400 enseignants à l'étranger continuent de percevoir leurs salaires
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Le ministère des Enseignements secondaires du Cameroun est secoué par une affaire de grande ampleur. Selon des révélations récentes, 3 442 enseignants, ayant abandonné leurs postes pour s'installer à l'étranger, continuent de percevoir leurs salaires, puisés à même le budget de l'État. La ministre Nalova Lyonga a rendu publique la liste des personnes concernées, fruit d'une opération de contrôle initiée par le ministère des Finances.

L'enquête, qui a croisé les données du fichier solde avec les registres de sortie du territoire, a mis en lumière une pratique frauduleuse à grande échelle. Le ministère des Finances estime que près de 5 000 enseignants pourraient être concernés par cet abandon de poste. Les destinations privilégiées par ces fonctionnaires en quête d'une vie meilleure seraient notamment le Canada, où ils conservent leur salaire camerounais comme une rente, alors que de nombreuses classes restent dépourvues d'enseignants au Cameroun.

La ministre Nalova Lyonga a lancé un appel aux enseignants expatriés, les invitant à laisser la place et le salaire à ceux qui sont présents sur le territoire. Cette opération s'inscrit dans une purge plus vaste visant à assainir la fonction publique camerounaise. Au total, près de 20 000 agents publics sont menacés de suspension de solde pour abandon de poste, ce qui représente une perte annuelle estimée à 46 milliards de FCFA pour le Trésor public.

Le croisement des fichiers de solde avec les données migratoires s'avère être une méthode efficace pour traquer ces fonctionnaires fantômes. Alors que Nalova Lyonga envisage de saisir le Premier ministre pour un recrutement massif de remplacement, la question de la pérennité de cette purge et de la capacité des fraudeurs à trouver de nouvelles failles demeure.

Ces révélations mettent en lumière les défis persistants liés à la gestion des ressources humaines et financières au sein de la fonction publique camerounaise. La lutte contre la fraude et l'optimisation des dépenses publiques restent des enjeux majeurs pour assurer un développement équitable et durable du pays.