Le président camerounais Paul Biya a convoqué le Conseil supérieur de la magistrature pour le 18 mars 2026 au Palais de l'Unité à Yaoundé. Cette annonce met fin à une interruption de près de six ans, la dernière session du conseil remontant au 10 août 2020.
L'annonce a été diffusée sur les ondes de la CRTV, la chaîne de télévision nationale. André Luther Meka, un communicant du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais), a confirmé l'information et a promis des « surprises aux sceptiques » quant à la capacité du chef de l'État à gouverner activement.
Le Conseil supérieur de la magistrature est une institution chargée de superviser la carrière des magistrats, notamment les nominations, les promotions et les sanctions disciplinaires. Sa longue absence a entraîné une accumulation de dossiers en suspens, affectant le fonctionnement du système judiciaire camerounais. Plus de 150 magistrats ayant atteint l'âge de la retraite sont restés en service, tandis que près de 300 jeunes diplômés de l'ENAM (École Nationale d'Administration et de Magistrature) attendent leur intégration.
Cette convocation intervient dans un contexte politique tendu, à moins de deux ans de l'élection présidentielle. Certains observateurs estiment que cette initiative vise à reprendre le contrôle de l'appareil judiciaire à l'approche d'échéances institutionnelles importantes. L'absence de réunion du Conseil a également bloqué le traitement de plaintes pour corruption et inconduite contre des magistrats.
La réunion du 18 mars pourrait permettre de régulariser la situation de nombreux magistrats en attente de décisions concernant leur carrière. Elle pourrait aussi conduire à la nomination de nouveaux membres au sein du Conseil, dont les mandats sont arrivés à expiration.
La tenue de ce conseil est attendue par de nombreux acteurs du secteur judiciaire camerounais, qui espèrent une résolution des problèmes accumulés ces dernières années. Reste à voir si cette session apportera les changements attendus et permettra de relancer le système judiciaire du pays.