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Cameroun : Nkou Mvondo qualifie de « théâtre politique » la prise de parole de René Ze Nguele au Parlement

Le professeur Nkou Mvondo dénonce le discours du sénateur René Ze Nguele au parlement comme un « théâtre politique », en pleine discussion sur la création d'un poste de vice-président au Cameroun.

Cameroun : Nkou Mvondo qualifie de « théâtre politique » la prise de parole de René Ze Nguele au Parlement
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Le récent congrès parlementaire au Cameroun a été marqué par des échanges vifs, notamment suite à l'intervention du sénateur du RDPC, René Ze Nguele, concernant une éventuelle révision constitutionnelle. Le professeur Prosper Nkou Mvondo n'a pas tardé à réagir, qualifiant cette intervention de simple « théâtre politique ». Cette réaction survient dans un contexte de débat national sur l'opportunité de créer un poste de vice-président de la République.

Invité sur le plateau de l'émission « Libre Expression » sur Info TV, Nkou Mvondo a exprimé son scepticisme quant à la sincérité de la démarche du sénateur Ze Nguele. Il remet en question la crédibilité de son discours, perçu par beaucoup comme une critique voilée de la nomination d'un vice-président. « Qu’on ne s’y laisse pas tromper… c’est du théâtre », a-t-il martelé, soulignant une forme de mise en scène orchestrée au sein même du Parlement.

Nkou Mvondo pointe une contradiction apparente dans la position de Ze Nguele. « Vous avez là un monsieur qui est au Sénat parce qu’il a été nommé. Un nommé qui s’oppose à la nomination d’un vice-président : c’est tiré par les cheveux », ironise-t-il, suggérant que cette opposition de façade servirait à donner une image de pluralisme au sein du RDPC.

Au-delà du cas spécifique du sénateur Ze Nguele, le professeur Nkou Mvondo critique plus largement le fonctionnement du débat politique au Cameroun. Il dénonce une tendance à la théâtralisation, où certaines interventions seraient davantage destinées à simuler une diversité d'opinions qu'à exprimer de réelles divergences. Il note un contraste saisissant entre les applaudissements nourris reçus par le sénateur lors de son intervention et le nombre de voix que recueillerait une telle proposition en réalité.

Cette analyse rejoint les préoccupations exprimées par de nombreux Camerounais, qui voient dans la prise de parole de René Ze Nguele une manœuvre de diversion politique. La question de la révision constitutionnelle et de la création d'un poste de vice-président continue ainsi de susciter des réactions passionnées et des interrogations quant à la transparence du processus décisionnel.

La proposition de loi portant modification de la Constitution, initiée par le RDPC, est actuellement en discussion au Parlement. Elle vise, entre autres, à assurer la continuité de l'État en cas de vacance du pouvoir, une justification qui ne convainc pas tous les observateurs de la scène politique camerounaise.

En 2020, une précédente tentative de révision constitutionnelle avait déjà soulevé des débats similaires, mettant en lumière les enjeux liés à la succession présidentielle et à la stabilité politique du pays.

Source : www.lebledparle.com