Suite à l'adoption par le Parlement camerounais de la réforme constitutionnelle réintroduisant le poste de vice-président, Maurice Kamto, figure de l'opposition, a exprimé ses préoccupations. La réforme, adoptée le 4 avril 2026, modifie les règles de succession présidentielle et accorde au président Paul Biya, 93 ans, le pouvoir de nommer et de révoquer le vice-président.
Kamto a partagé sa réaction sur ses réseaux sociaux, critiquant l'initiative comme étant tardive et remettant en question la logique de succession à la tête de l'État. Dans sa publication du 6 avril 2026, il a écrit : « Il faut avoir contracté la vanité pour chercher, au soir de sa vie, à faire une extension de soi-même en un successeur qui pourrait, au mieux, vous ressembler, mais ne sera jamais vous-même ». Il a ajouté qu'il est préférable de laisser des réalisations durables plutôt que de chercher à organiser sa propre succession.
La réforme constitutionnelle a été adoptée par le Parlement avec 200 voix pour, 18 contre et 4 abstentions. Elle stipule que le vice-président sera nommé et révoqué par le président, et que son mandat ne pourra excéder celui du chef de l'État. En cas de vacance de la présidence, le vice-président assurera l'intérim pour le reste du mandat.
Les partisans du gouvernement présentent cette réforme comme un moyen de renforcer la continuité institutionnelle et d'éviter une crise en cas de vacance du pouvoir. L'opposition, cependant, y voit une consolidation du pouvoir du président Biya, qui dirige le Cameroun depuis 1982. Certains, comme Kamto, dénoncent un « coup d'État constitutionnel ». Ils estiment que la priorité devrait être d'organiser des élections libres et transparentes, plutôt que de mettre en place un système de succession contrôlé par le président.
Cette réforme intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes au Cameroun, marquées par des contestations post-électorales et des interrogations sur la succession du président Biya. L'introduction d'un vice-président pourrait modifier considérablement le paysage politique camerounais, mais elle suscite également des inquiétudes quant à la concentration des pouvoirs entre les mains du chef de l'État.
L'amendement précise que les pouvoirs du vice-président dépendront de l'autorité déléguée par le président. Le texte précise également le statut juridique de la fonction : le vice-président est soumis aux mêmes règles d'incompatibilité que le président, relève de la compétence de la Haute Cour de justice dans des cas précis et doit déclarer ses biens.
La nomination du vice-président par Paul Biya est attendue et pourrait donner une indication claire des intentions du gouvernement et de l'avenir politique du pays.