L'élection présidentielle camerounaise du 12 octobre 2025 continue de susciter des analyses critiques, notamment de la part de l'universitaire Jean Calvin Aba’a Oyono. Selon lui, le processus électoral a été marqué par des irrégularités et des manœuvres qui ont conduit à une confiscation du pouvoir, minant ainsi les droits constitutionnels du peuple camerounais.
Aba’a Oyono dénonce une série d'événements survenus avant et pendant l'élection, incluant des tentatives d'enlèvement de candidats, l'encerclement militaire de figures de l'opposition, la proclamation de résultats contestés et l'emprisonnement de partisans de l'opposition. Il qualifie ces actions de « purge incroyable et loufoque », soulignant une discrimination structurelle dans le processus électoral. Le report de l'élection des conseillers municipaux, préalable aux élections régionales, a privé l'opposition d'une opportunité de renforcer sa position.
L'universitaire critique également l'utilisation de la peur comme outil de gouvernance, où la coercition remplace le consentement. Selon lui, cette peur généralisée explique le silence des universitaires, le musellement des voix dissidentes et la répression violente des contestations. La prorogation du mandat des députés à l'Assemblée nationale est perçue comme une autre manœuvre pour éviter la transparence des urnes et maintenir un « règne sans partage ».
Aba’a Oyono met en garde contre une paralysie de l'opposition, qui, privée d'échéances électorales, risque de s'éteindre. Il décrit cette situation comme une « paralysie stratégiquement programmée des partis politiques de l'opposition », un piège visant à endormir les forces vives et à laisser s'estomper la mobilisation populaire observée en octobre 2025.
Face à ce constat, Aba’a Oyono appelle l'opposition à se réinventer et à briser le calendrier imposé par le pouvoir. Il insiste sur la nécessité pour les partis politiques de maintenir leur vivier militant en alerte constante, soulignant qu'attendre la veille des scrutins pour se remobiliser serait une erreur fatale. Il invite ainsi l'opposition à entretenir la flamme de la contestation et à rester proactive, même en l'absence d'échéances électorales immédiates.
La fragmentation de l'opposition camerounaise est un défi majeur, avec de nombreux partis ayant une portée régionale limitée. L'appel à l'unité lancé par Aba'a Oyono intervient dans un contexte où le RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais), parti au pouvoir, domine la scène politique depuis des décennies, notamment grâce à un système électoral favorisant les partis établis.
L'analyse d'Aba'a Oyono met en lumière les enjeux cruciaux auxquels est confrontée la démocratie camerounaise, où la vigilance de l'opposition et la participation citoyenne apparaissent comme des éléments essentiels pour garantir un processus électoral équitable et transparent. L'avenir politique du Cameroun dépendra de la capacité de l'opposition à surmonter ces défis et à proposer une alternative crédible au pouvoir en place. La fragmentation de l'opposition pourrait faciliter une nouvelle victoire du RDPC.