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Cameroun : L'historien Soh Tatcha Charles face à la justice après un film sur Bansoa

L'historien Soh Tatcha Charles est poursuivi pour un film sur Bansoa, soulevant des questions sur la liberté d'expression au Cameroun et divisant la communauté.

Cameroun : L'historien Soh Tatcha Charles face à la justice après un film sur Bansoa
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L'historien et cinéaste camerounais Soh Tatcha Charles se trouve au centre d'une bataille judiciaire après avoir produit un film sur l'histoire de Bansoa, un village de la région de l'Ouest du Cameroun. L'avocat Maître Penka Michel, fils du défunt Patriarche Penka Michel, a intenté une action en justice contre lui, soulevant des questions sur la liberté d'expression au Cameroun.

Soh Tatcha Charles, motivé par un devoir de mémoire, a réalisé un film explorant l'histoire du village de Bansoa. Au lieu de susciter un débat intellectuel, son travail a été confronté à une plainte pour diffamation, une procédure en référé et une ordonnance d'interdiction de diffusion du film, assortie d'une astreinte de 500 000 FCFA par jour. Cette décision a été perçue comme une tentative de museler l'historien avant que l'histoire ne soit entendue.

L'affaire met en évidence un déséquilibre de moyens flagrant. D'un côté, Soh Tatcha Charles, enseignant et chercheur, s'appuie sur sa conviction que la vérité historique appartient à tous. De l'autre, Maître Penka Michel, entouré d'une vingtaine d'avocats, déploie une stratégie judiciaire méthodique. Les actions en justice comprennent une plainte initiale pour diffamation, des procédures en référé, une ordonnance d'interdiction et une audience prévue le 16 mars 2026 devant le juge du contentieux d'exécution du Tribunal de Dschang.

Un observateur du milieu universitaire camerounais a déclaré : « On ne combat pas une idée avec des procédures. On la combat avec des preuves et des arguments ».

Au cœur du conflit se trouve la question de la propriété de l'histoire de Bansoa. L'arrondissement de Penka Michel, riche d'une histoire complexe, mérite d'être racontée et débattue. Soh Tatcha Charles, en tant qu'historien, a posé des questions, produit des sources et confronté les récits. La réponse judiciaire à son film envoie un signal inquiétant, suggérant que remettre en question une version dominante de l'histoire peut entraîner des conséquences financières et juridiques.

Cette affaire divise la communauté de Bansoa, créant des fractures et attisant des rancœurs. Au lieu de rapprocher les fils de ce terroir, ce bras de fer judiciaire relègue au second plan les défis de développement local, d'éducation et de cohésion sociale. Soh Tatcha Charles, quant à lui, reste déterminé à défendre la vérité, incarnant la résistance du chercheur libre contre le silence imposé.

La question demeure : les fils de Bansoa choisiront-ils le dialogue plutôt que les tribunaux ? La date de l'audience devant le juge du contentieux d'exécution du Tribunal de Dschang est fixée au 16 mars 2026.

Source : www.237online.com