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Cameroun : Le régime de Biya accusé de réécrire la constitution après une élection contestée

Après une élection contestée, le régime de Biya est accusé de vouloir modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir. Une manœuvre perçue comme une manipulation institutionnelle.

Cameroun : Le régime de Biya accusé de réécrire la constitution après une élection contestée
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Au Cameroun, le climat politique reste tendu après l'élection présidentielle du 12 octobre 2025. Bien que Paul Biya ait été déclaré vainqueur, des allégations de fraude électorale ont persisté, jetant une ombre sur la légitimité du scrutin. L'opposant Issa Tchiroma Bakary a même revendiqué la victoire.

Selon des sources internes, le régime de Biya envisagerait de modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir. Cette démarche, perçue comme un « tripatouillage constitutionnel », consisterait à réviser les règles fondamentales après un revers électoral. Les modifications pourraient inclure la prorogation du mandat des députés et le ciblage d'articles stratégiques tels que la limite d'âge et les conditions de succession.

L'objectif serait de contourner les obstacles à la continuité du régime, notamment en neutralisant l'Assemblée nationale et en éliminant les perspectives de succession non contrôlées. Cette stratégie suscite de vives critiques, car elle est perçue comme une manipulation institutionnelle visant à annuler le choix exprimé par les électeurs.

La prorogation du mandat des députés, par exemple, est considérée comme une situation d'exception permanente, où l'Assemblée nationale siège sans base électorale valide. Les institutions telles qu'Elecam et le Conseil constitutionnel, déjà affaiblies par leur rôle dans la validation des résultats contestés, risquent de devenir les symboles d'un État qui ne respecte plus ses propres règles.

Cette situation pourrait avoir des répercussions sur la stabilité régionale, en créant un précédent dangereux pour les pays de la CEMAC. La question de savoir qui détient réellement le pouvoir au Cameroun reste posée, dans un contexte où la légitimité du président est contestée.

Paul Biya, âgé de 93 ans, est le plus vieux chef d'État en exercice au monde. Il a été réélu pour un huitième mandat consécutif.

Source : www.camer.be