Le Mouvement Debout contre la Dépénalisation de l’Homosexualité au pays (DDHP) accentue la pression sur le système judiciaire camerounais, qu'il accuse de partialité dans l'application des lois relatives à l'homosexualité. Dans une déclaration datée du 21 mars 2026, le DDHP dénonce ce qu'il perçoit comme une instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif, transformant celle-ci, selon lui, en un simple outil au service du gouvernement.
L'élément déclencheur de cette prise de position est l'attitude de Brenda Biya, fille du président Paul Biya, dont les multiples déclarations et affichages publics de son orientation homosexuelle sont considérés par le mouvement comme une violation flagrante des lois camerounaises. L'homosexualité est criminalisée au Cameroun, passible de peines de prison et d'amendes. Le DDHP affirme avoir déjà déposé une plainte auprès de la justice concernant ces faits, mais celle-ci n'a pas abouti, renforçant le sentiment d'une impunité dont bénéficierait Brenda Biya.
« Forte de son nom, elle insulte la loi, piétine nos traditions, et nargue le peuple camerounais », dénonce le mouvement dans sa déclaration, faisant référence à une récente vidéo où Brenda Biya affirmait être à la recherche d'une partenaire à Yaoundé. Le DDHP interprète également certains propos du chef de l’État comme une volonté de préparer le terrain à une éventuelle dépénalisation de l’homosexualité, créant ainsi une distinction inacceptable entre une loi applicable au peuple et une « licence » accordée à l'élite.
Face à ce qu'il considère comme une démission de la justice, le DDHP appelle à une mobilisation citoyenne. Le mouvement annonce le dépôt d'une déclaration en vue d'une « grande manifestation de dignité » devant le palais de justice de Yaoundé, afin d'exiger des comptes de la part des autorités judiciaires. La question de l'autorisation de cette manifestation reste en suspens, compte tenu des procédures administratives camerounaises en matière de rassemblements publics.
Ce bras de fer intervient dans un contexte où la question de l'homosexualité reste un sujet sensible au Cameroun. Le coming-out de Brenda Biya en 2024 avait déjà suscité de vives réactions, ravivant le débat sur la dépénalisation et les droits des minorités sexuelles. La Constitution camerounaise garantit l'égalité de tous devant la loi, mais l'article 347-1 du Code pénal continue de criminaliser les relations homosexuelles, exposant les personnes LGBTQ+ à des discriminations et des persécutions.