Trois mois après le décès d'Anicet Ekanè, président du MANIDEM, son corps a été transféré du SED à Douala, ravivant les interrogations sur sa mort. Le MANIDEM a annoncé que le transfert aura lieu ce mardi 3 mars 2026. Ekanè est décédé le 1er décembre 2025 alors qu'il était détenu au Secrétariat d'État à la Défense (SED) à Yaoundé.
Le SED, connu pour son opacité, a suscité des inquiétudes quant aux circonstances de la mort d'Ekanè. Le gouvernement a déclaré qu'il était décédé de causes naturelles, mais cette version est contestée par le MANIDEM et la famille, qui réclament des explications depuis des mois. Une autopsie a été réalisée sans la présence de la famille, ce qui a alimenté les soupçons et conduit à des accusations de manque de transparence.
Le MANIDEM a appelé ses partisans à se mobiliser à Yaoundé et Douala, transformant le transfert du corps en une démonstration de force politique. Le parti cherche à maintenir la pression sur le gouvernement pour qu'il publie un rapport détaillé sur la mort d'Ekanè. Le convoi funéraire partira de la morgue de l'Hôpital Central de Yaoundé, rejoindra l'aéroport international de Nsimalen, puis sera acheminé vers Douala.
Cette affaire met en lumière les décès en détention au Cameroun et le manque de justice pour les familles. Le SED, service de renseignement camerounais, se retrouve sous le feu des critiques, et des organisations de défense des droits humains comme Amnesty International et Human Rights Watch suivent de près le dossier.
La mort d'Anicet Ekanè, figure de l'opposition camerounaise, pourrait devenir un symbole de l'opacité des procédures judiciaires au Cameroun. La question de la confiance envers une autopsie réalisée sans la présence de la famille et dans le secret des cellules du SED reste posée, tant que l'État n'aura pas éclairci les circonstances exactes du décès. Le transfert de la dépouille à Douala maintient l'attention sur cette affaire et ses implications pour le système judiciaire camerounais.
Le MANIDEM, Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie, est un parti politique camerounais fondé en 1995. Il prône la souveraineté et la justice sociale. Anicet Ekanè, figure de proue de ce mouvement, a passé sa vie à contester l'autoritarisme au Cameroun.
La mort d'Ekanè survient dans un contexte politique tendu, marqué par des contestations post-électorales et des allégations de répression. Son décès en détention a suscité l'indignation et des appels à une enquête indépendante. L'affaire continue de susciter des réactions tant au niveau national qu'international.