Après trois mois de rétention, le corps d'Anicet Ekane, figure historique de l'opposition camerounaise, a été restitué à sa famille le 24 février 2026. Le Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM), parti qu'il présidait, a annoncé la nouvelle, dénonçant une « froide mise à mort » suivie d'une « profanation ».
Anicet Ekane avait été arrêté en octobre 2025 et est décédé dans les locaux du secrétariat à la Défense à Yaoundé. Les circonstances exactes de son décès restent floues, alimentant les spéculations et les accusations de ses partisans. Le MANIDEM, issu de l'Union des populations du Cameroun (UPC), considère Ekane comme un « patriote-martyr ».
La confiscation du corps pendant trois mois avait suscité l'indignation des organisations de défense des droits humains. Le MANIDEM et les avocats de la famille, Maîtres Hyppolite MELI et Emmanuel SIMH, ont exercé une pression constante sur les autorités pour obtenir la restitution. Emmanuel Simh est également connu pour son engagement en faveur de la défense des militants politiques et des droits fondamentaux.
Le communiqué du MANIDEM suggère une exécution extrajudiciaire, accusant les autorités d'avoir voulu faire disparaître des preuves, empêcher des manifestations ou humilier un adversaire politique. Les avocats de la famille ont joué un rôle crucial pour obtenir cette restitution, leur engagement soulignant l'importance du recours juridique dans ce type d'affaires.
La restitution du corps permet désormais à la famille d'organiser des obsèques dignes. Le MANIDEM prévoit un programme d'hommage à Anicet Ekane, qui pourrait devenir un moment de rassemblement pour l'opposition camerounaise.
Cette affaire laisse des traces profondes, illustrant la crise politique au Cameroun et les méthodes contestées des forces de sécurité. Elle renforce le sentiment que la lutte pour la démocratie expose à des risques extrêmes. Le précédent Anicet Ekane pourrait devenir un symbole, alimentant la défiance envers les institutions et motivant de nouvelles générations de militants.
Si la dépouille d'Anicet Ekane est enfin libre, les questions sur les circonstances de sa mort restent entières.