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Cameroun : L'analyse d'Ousmanou Magadji sur la succession Ahidjo-Biya relance le débat sur le tribalisme et l'unité nationale

L'analyse d'Ousmanou Magadji sur la succession Ahidjo-Biya relance le débat sur le tribalisme au Cameroun. Il critique le manque d'intégration nationale et appelle à une réflexion sur l'unité.

Cameroun : L'analyse d'Ousmanou Magadji sur la succession Ahidjo-Biya relance le débat sur le tribalisme et l'unité nationale
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Une analyse d'Ousmanou Magadji, observateur de la scène politique camerounaise, suscite de vives discussions au Cameroun. Son texte revisite la succession entre Ahmadou Ahidjo et Paul Biya, en mettant en lumière ce qu'il considère comme un « tribalisme institutionnalisé ». Magadji avance qu'Ahidjo, en choisissant Biya comme successeur, espérait une intégration nationale, le croyant doté d'une « perspicacité républicaine ». Cette perspective relance un débat essentiel sur l'unité nationale et l'alternance au pouvoir.

Au cœur de l'analyse de Magadji se trouve la question de l'intégration nationale. Il suggère qu'Ahidjo, influencé par une logique d'assimilation propre à la culture peule, aurait souhaité dépasser les divisions ethniques en confiant le pouvoir à Paul Biya, un Béti. Cette décision visait, selon Magadji, à assurer une continuité républicaine fondée sur le « brassage des peuples et une administration inclusive ».

Magadji critique cependant la suite des événements, affirmant que cette vision d'intégration n'a pas été maintenue par Biya après son accession au pouvoir en 1982. Il souligne la prédominance de personnalités issues du même groupe ethnique dans l'entourage présidentiel, évoquant une possible déception d'Ahidjo. L'analyse replace également cette succession dans le contexte des tentatives de coups d'État des années 1980, une période d'instabilité politique en Afrique.

L'auteur insiste sur la nécessité de dépasser le tribalisme pour bâtir un Cameroun plus inclusif. Il appelle à une réflexion républicaine sur l'accession au pouvoir de personnalités issues d'autres régions ou groupes ethniques, non pas comme une revendication identitaire, mais comme un symbole d'unité nationale.

« Céder le pouvoir ne devrait pas être perçu comme une perte », affirme Magadji, plaidant pour des institutions représentatives de la diversité culturelle du pays. Cette prise de position survient dans un contexte où les discussions sur la gouvernance, l'unité et la représentativité demeurent des sujets sensibles. En 2019, le Cameroun a adopté une loi contre le tribalisme et le discours de haine, signe de la préoccupation croissante face à ce phénomène. Les contrevenants risquent une peine d'emprisonnement et/ou une amende.

L'analyse de Magadji s'inscrit dans une perspective historique et politique, incitant à une réflexion sur l'avenir démocratique du Cameroun. Ses observations percutantes ravivent un débat crucial sur la réconciliation et la nécessité d'une gouvernance équitable et représentative de toutes les composantes de la nation. Selon François Bambou, président de l'association One Nation, l'impunité alimente le tribalisme et les discours de haine au Cameroun. Il souligne que le tribalisme est utilisé comme un mécanisme pour fracturer la société et affaiblir l'unité nationale.

Source : www.237online.com