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Cameroun : La fuite des médecins après la formation atteint 55%

Une étude révèle que 55% des médecins camerounais disparaissent 5 ans après leur formation, confrontés au chômage, à la fuite à l'étranger et à des salaires de misère, mettant en péril le système de s

Cameroun : La fuite des médecins après la formation atteint 55%
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Le Cameroun perd une part importante de ses médecins après leur formation, un phénomène alarmant mis en lumière par le Dr Roger Etoa, membre du Conseil de l’Ordre national des médecins du Cameroun. Selon ses déclarations lors d'une émission télévisée, 55 % des médecins formés au Cameroun disparaissent des radars dans les cinq ans suivant l'obtention de leur diplôme. Cette situation pose la question de savoir si le Cameroun forme des médecins pour les offrir ensuite à d'autres pays.

Les causes de cette "disparition" sont multiples. Près de 10 % des jeunes médecins se retrouvent au chômage, tandis que d'autres sont contraints de se tourner vers des activités informelles pour survivre, comme le « benskine » (moto-taxi) ou l'élevage. L'exode vers l'étranger est une autre cause majeure, avec plus de 5 000 médecins camerounais exerçant hors du pays, contre seulement 4 000 restés au Cameroun. Ce phénomène est alimenté par des conditions de travail difficiles et des salaires dérisoires.

La question salariale est particulièrement préoccupante. Le salaire moyen d'un médecin cinq ans après sa formation oscille entre 200 000 et 300 000 FCFA. Cependant, des cas extrêmes révèlent des rémunérations de seulement 50 000 FCFA par mois, à peine le salaire d'un manœuvre qualifié. Même dans la fonction publique, un médecin titulaire ne perçoit qu'environ 175 000 FCFA. Ces chiffres sont bien inférieurs aux 500 000 FCFA mensuels que réclame l'association "Médecins du Cameroun" pour assurer un niveau de vie décent. En comparaison, un enseignant du secondaire gagne environ 226 000 FCFA après cinq ans de formation.

Face à cette situation, l'Ordre national des médecins du Cameroun tire la sonnette d'alarme et réclame une revalorisation salariale urgente, ainsi que l'ouverture de nouvelles facultés de médecine sur le territoire national. Améliorer les conditions de travail, avec un accès à des équipements et des médicaments essentiels, est également crucial pour retenir les médecins au Cameroun. Le gouvernement camerounais recrute moins de 100 médecins par an en raison de contraintes financières, et les hôpitaux privés ne peuvent pas absorber tous les diplômés.

La fuite des cerveaux dans le secteur de la santé a des conséquences désastreuses pour le Cameroun, avec un ratio médecin-patient qui est tombé à un médecin pour 50 000 habitants, alors que l'Organisation mondiale de la santé recommande un médecin pour 10 000. Cette pénurie de personnel médical compromet la capacité du pays à lutter contre la mortalité infantile, les maladies infectieuses et à fournir des services de santé essentiels.

Source : www.237online.com