Une analyse critique de la gestion de Louis Paul Motaze, actuel ministre des Finances du Cameroun, révèle une augmentation considérable de la dette publique au cours des 19 dernières années. Selon cette analyse, la dette du Cameroun a été multipliée par près de dix-sept depuis que M. Motaze a commencé à occuper des postes ministériels stratégiques en 2007. Cette dette est passée de 900 milliards de FCFA en 2007 à 15 000 milliards de FCFA en 2026.
Louis Paul Motaze a occupé divers postes clés au sein du gouvernement camerounais, notamment celui de ministre de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire (MINEPAT) à plusieurs reprises, ainsi que celui de Secrétaire Général des Services du Premier Ministre. Il est Ministre des Finances depuis le 2 mars 2018. Sa longue carrière au sein du gouvernement lui a permis de superviser les grands projets d'infrastructure et la politique d'emprunt du pays.
Malgré le discours officiel sur l'émergence économique du Cameroun, les infrastructures de base restent défaillantes, avec des pénuries d'eau et d'électricité persistantes. Le pays doit recourir à un quatrième programme d'ajustement avec le Fonds monétaire international (FMI), impliquant des prêts conditionnés à des réformes structurelles, souvent synonymes de restrictions budgétaires et de hausses d'impôts.
La stratégie d'investissement massif du Cameroun, financée par l'endettement, soulève des questions quant à son efficacité et sa rentabilité sociale. Des exemples frappants, comme le coût élevé de construction d'un kilomètre d'autoroute, alimentent les critiques sur la gestion des dépenses publiques. Les justifications officielles, telles que la lutte contre Boko Haram et la conjoncture internationale défavorable, sont contestées par des comparaisons régionales.
Alors que le Cameroun se prépare à un nouveau programme avec le FMI, des mesures de rigueur budgétaire sont à prévoir, impactant potentiellement les dépenses sociales et les investissements publics. La question de la soutenabilité de la dette se pose avec acuité, car une croissance continue de l'endettement sans retombées économiques inclusives pourrait mener à un surendettement et compromettre la souveraineté économique du pays. Certains experts notent que le Cameroun prévoit d'emprunter 3 104 milliards de FCFA en 2026, alors qu'il a 5 642 milliards disponibles mais inutilisés, soulignant une incapacité à transformer ces ressources en projets concrets. La dette publique camerounaise représentait 43,9 % du PIB à fin septembre 2025.