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Cameroun : Jean Michel Nintcheu dénonce une « insulte à l'intelligence nationale » face à la prorogation du mandat des députés

Le député Jean Michel Nintcheu dénonce la prorogation du mandat des députés au Cameroun, la qualifiant d'«insulte à l'intelligence nationale» et pointant du doigt des motifs électoralistes et des scan

Cameroun : Jean Michel Nintcheu dénonce une « insulte à l'intelligence nationale » face à la prorogation du mandat des députés
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Le député Jean Michel Nintcheu a vivement critiqué la prolongation du mandat des députés à l'Assemblée nationale du Cameroun, qualifiant cette action d'« insulte à l'intelligence nationale ». Cette déclaration intervient alors que l'Assemblée s'apprête à examiner un projet de loi portant sur une deuxième prolongation du mandat des parlementaires.

Nintcheu a dénoncé le projet de loi lors d'une intervention à l'hémicycle le 24 mars 2026, soulignant que l'exposé des motifs du projet de loi est un « copier-coller » de celui utilisé pour justifier la première prolongation. Il a précisé qu'il ne conteste pas le droit constitutionnel de proroger le mandat des députés, mais s'oppose à l'interprétation biaisée de l'article 15 (4) de la Constitution à des fins électoralistes. Selon lui, le gouvernement cherche à éviter les élections après une élection présidentielle difficile en octobre dernier.

L'argument principal avancé pour justifier cette prorogation est lié à des contraintes financières et à des problèmes d'organisation interne d'Elecam, l'organisme électoral. Nintcheu rejette ces justifications, soulignant que le budget d'Elecam augmente chaque année sans amélioration de la transparence. Il a également dénoncé la corruption structurelle et l'impunité, citant plusieurs affaires de détournement de fonds publics, notamment les affaires Glencore, Covidgate, Cangate et Orgate, cette dernière ayant entraîné une perte de près de 1 200 milliards de FCFA pour le trésor public.

Nintcheu a mis en doute la légitimité des députés, dont le mandat a été prolongé à deux reprises, à voter des réformes constitutionnelles majeures. Il a suggéré que ces réformes soient soumises à un référendum pour garantir une décision populaire et non celle de députés au mandat contesté. Il a conclu en soulignant que cette prolongation affaiblit la représentation nationale et que les citoyens perçoivent l'Assemblée comme une institution qui s'auto-proroge sans consultation populaire.

Selon Nintcheu, il est impératif que le débat démocratique puisse infléchir cette pratique qui semble devenir une routine.

Source : www.camer.be