Kaptmedia

Cameroun : Incident à Bazou – Un sous-préfet crée la polémique en s'adressant publiquement à un chef traditionnel

Un incident à Bazou où le sous-préfet a interpellé publiquement un chef traditionnel sur le protocole suscite l'indignation. La scène s'est déroulée lors d'une cérémonie d'intronisation et a ravivé le

Cameroun : Incident à Bazou – Un sous-préfet crée la polémique en s'adressant publiquement à un chef traditionnel
Actualités Cameroun

La cérémonie d'intronisation du chef de 3ᵉ degré de Ntunze, dans l'arrondissement de Bazou, région de l'Ouest du Cameroun, a été marquée par un incident protocolaire qui a suscité l'indignation. Le sous-préfet de Bazou a publiquement interpellé Sa Majesté Happy Tchoua Marcellin, chef supérieur de Bazou, sur des questions de protocole, un acte jugé irrespectueux par de nombreux témoins.

Selon des témoignages, le sous-préfet a interrompu l'entrée solennelle du chef supérieur, qui était accompagné d'une délégation d'autres monarques traditionnels. L'intervention, perçue comme abrupte et autoritaire, a créé un malaise palpable au sein de l'assistance. Charles Armel Mbatchou, animateur TV et radio présent à la cérémonie, a rapporté que le ton employé par le sous-préfet a été jugé inapproprié pour un événement honorant les institutions traditionnelles.

Des voix s'élèvent désormais pour demander le départ du sous-préfet, accusé de méconnaissance des réalités locales et de manque de respect envers une institution séculaire. Pour les notables de Bazou, l'atteinte à la figure du chef supérieur est considérée comme une atteinte à l'âme de la communauté.

Les chefs traditionnels au Cameroun jouent un rôle important dans la société, en matière de résolution de conflits, de préservation du patrimoine culturel et de maintien de la cohésion sociale. Ils sont reconnus par la loi et agissent comme des conseillers auprès des administrations locales. Toutefois, leur rôle a évolué au fil du temps, notamment avec la colonisation et la décentralisation.

Le sous-préfet, en tant que représentant de l'État dans l'arrondissement, a pour mission de veiller à l'application des lois, de coordonner les actions des services publics et de maintenir l'ordre. Il est nommé par décret présidentiel et est placé sous l'autorité du préfet. Cet incident soulève la question de l'équilibre entre l'autorité de l'État et le respect des institutions traditionnelles, particulièrement importantes dans le contexte camerounais.

L'affaire de Bazou met en lumière la sensibilité des questions liées au protocole et au respect des figures traditionnelles au Cameroun. L'incident a ravivé les débats sur la place et le rôle des chefferies traditionnelles dans l'administration du pays.

Source : www.237online.com