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Cameroun : Forum national pour renforcer la lutte contre les féminicides

Un forum national au Cameroun a exploré des solutions pour lutter contre les féminicides, avec des experts appelant à une loi spécifique et une sensibilisation accrue face à la hausse des cas.

Cameroun : Forum national pour renforcer la lutte contre les féminicides
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Un forum national dédié à la lutte contre les féminicides s'est tenu au Cameroun, du 25 au 27 mars 2026, à l'Université catholique Sainte Thérèse de Yaoundé. L'objectif principal était d'identifier des mesures concrètes pour enrayer la montée de ce phénomène.

Des experts en droit, des spécialistes de la santé mentale, des représentants d'organisations de la société civile et des autorités religieuses ont participé aux discussions. Les travaux ont été ouverts par le délégué régional de la Promotion de la femme et de la famille pour le Centre, soulignant la gravité des féminicides au Cameroun et la nécessité d'agir.

Elie Bernard Nguele Meyanga, représentant la ministre Marie Thérèse Abena Ondoa, a insisté sur l'importance de la sensibilisation continue et du maintien des efforts de lutte contre les violences faites aux femmes. Les participants ont mis en évidence les lacunes juridiques existantes et la nécessité de les combler. Yvonne Akoa, présidente de l'Association camerounaise des femmes juristes (Acafej), a plaidé pour une sensibilisation accrue, soulignant les inégalités de pouvoir entre les genres. Elle a également proposé l'adoption d'une loi spécifique sur les violences basées sur le genre, afin de renforcer la protection des droits des femmes.

L'Acafej, à l'instar de nombreux acteurs de la société civile camerounaise, réclame depuis plusieurs années une législation spécifique pour lutter contre les violences faites aux femmes. Si le Code pénal camerounais prévoit des sanctions pour certains actes de violence, l'absence d'une loi globale est considérée comme un frein à une protection efficace des victimes. Des organisations dénoncent également le manque d'assistance aux victimes et l'impunité dont jouissent les auteurs de ces violences.

En effet, malgré l'existence d'un Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille et la ratification de conventions internationales, les violences basées sur le genre restent un problème majeur au Cameroun. Une étude Afrobarometer de 2024 révèle qu'environ la moitié des Camerounais considèrent la violence contre les femmes et les filles comme un phénomène courant.

Au terme du forum, un manifeste sera transmis au gouverneur de la région du Centre, avec pour objectif de contribuer à améliorer la stratégie de lutte contre les féminicides. L'ambition à long terme est d'éradiquer les décès de femmes liés aux violences. Le forum s'inscrit dans un contexte d'augmentation des cas de féminicides au Cameroun. Les chiffres du Ministère de la Promotion de la Femme faisaient état de 69 cas en 2024, contre 56 en 2023, soit une augmentation de 23,2%. Ces chiffres sont potentiellement sous-estimés en raison du manque de signalement des cas.

En mars 2026, Maurice Kamto, leader du MRC, a déclaré que 212 homicides de femmes avaient été recensés au Cameroun entre 2023 et début mars 2026. Face à cette situation, le thème de la Journée internationale de la femme 2026 au Cameroun était "Justice pour toutes les femmes et filles".

L'absence de données centralisées rend difficile l'évaluation précise du phénomène des féminicides au Cameroun. L'INS, en collaboration avec l'ONU, travaille à améliorer la collecte et l'harmonisation des données afin de mieux comprendre et combattre ce fléau.

Source : fr.journalducameroun.com