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Cameroun : Dix rapatriés des États-Unis libérés après une détention controversée

Dix Camerounais libérés après trois semaines de détention à Yaoundé suite à leur expulsion des États-Unis. Des conditions de détention et des motifs d'arrestation controversés soulèvent des questions

Cameroun : Dix rapatriés des États-Unis libérés après une détention controversée
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Dix Camerounais, expulsés des États-Unis sous l'administration Trump, ont été libérés après avoir passé trois semaines en détention à la Direction de la Police Judiciaire (DPJ) à Yaoundé. Leur libération a été confirmée par le gouvernement, mais sans explication des raisons de leur détention.

Les conditions de leur détention ont suscité de vives inquiétudes. Selon des témoignages, les hommes et les femmes étaient entassés dans une même cellule, vivant dans des conditions de promiscuité totale. En parallèle, des ressortissants d'autres pays, arrivés par le même vol en provenance des États-Unis, auraient été hébergés dans des appartements meublés et auraient reçu une alimentation adéquate. Cette différence de traitement a soulevé des questions sur une possible discrimination à l'encontre des Camerounais.

Le motif avancé par le directeur de la police judiciaire, le commissaire Bruno Glede, pour justifier cette détention est l'objet de controverses. Il aurait évoqué une enquête sur une prétendue implication des rapatriés dans des actes de vandalisme contre des ambassades américaines, une justification jugée « non-sens » étant donné qu'aucune mission diplomatique camerounaise n'a été vandalisée aux États-Unis. Contacté à plusieurs reprises, le commissaire Glede n'a pas répondu aux sollicitations.

Une image de la cellule où étaient détenus les rapatriés montre une femme allongée à même le sol, sans lit ni intimité, illustrant les conditions de vie précaires qu'ils ont endurées pendant 21 jours, sans information transmise à leurs familles.

Cette affaire soulève des questions sur une éventuelle politique de représailles implicites du Cameroun envers ses citoyens expulsés. Le silence du gouvernement alimente les soupçons de traitement discriminatoire. L'attention se porte désormais sur le suivi médical et psychologique des rapatriés, ainsi que sur le nombre d'autres Camerounais potentiellement confrontés à des situations similaires.

En 2022, Human Rights Watch a documenté des cas de Camerounais expulsés des États-Unis ayant subi de graves préjudices après leur retour, notamment des arrestations arbitraires, des détentions dans des conditions inhumaines, des violences sexuelles et des actes de torture. Les États-Unis ont expulsé plus de 100 Camerounais en 2020.

Source : www.camer.be