Les autorités belges ont procédé à l'arrestation de trois individus soupçonnés d'être impliqués dans des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, en lien avec le conflit anglophone au Cameroun. L'information, confirmée par le parquet fédéral belge, met en lumière l'attention croissante portée aux ramifications internationales de cette crise.
Les suspects seraient des figures dirigeantes des Forces de défense ambazoniennes (ADF), un groupe armé séparatiste qui milite pour l'indépendance des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Ces régions sont en proie à un conflit armé depuis 2017.
Selon le communiqué du parquet fédéral belge, des perquisitions coordonnées ont été menées à Anvers et à Londerzeel, en Flandre. Quatre personnes avaient été initialement interpellées, mais trois d'entre elles ont été placées en détention provisoire par un juge d'instruction.
Le parquet fédéral a précisé que des fonds étaient collectés en Belgique pour soutenir la lutte armée au Cameroun, notamment pour l'achat d'armes et de munitions. Des instructions pour des attaques auraient également été données depuis le territoire belge. L'enquête, ouverte l'été dernier, cible des individus résidant en Belgique et soupçonnés d'appartenir à la direction des ADF.
Ces arrestations en Belgique surviennent dans un contexte où Ayaba Cho Lucas, dirigeant du Conseil de gouvernement de l'Ambazonie (AGovC), est détenu en Norvège depuis septembre 2024. Il est accusé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre. Son arrestation et sa détention témoignent d'une surveillance accrue des activités de la diaspora ambazonienne en Europe.
La crise anglophone au Cameroun a débuté en 2016 avec des grèves d'avocats et d'enseignants dénonçant la marginalisation des régions anglophones. En 2017, des séparatistes ont proclamé l'indépendance de l'Ambazonie, ce qui a conduit à un conflit armé avec les forces gouvernementales.
Le conflit a fait plus de 6 500 morts et a contraint plus de 490 000 personnes à fuir leurs foyers, selon les estimations des Nations Unies. Plus de 1,5 million de personnes ont besoin d'une aide humanitaire. Des organisations de défense des droits humains accusent les deux camps de commettre des exactions.
Ces arrestations en Belgique s'inscrivent dans une série d'enquêtes internationales menées en Norvège et aux États-Unis, signe d'une attention accrue portée aux réseaux de soutien transnationaux liés au conflit anglophone au Cameroun.
Bien que le gouvernement camerounais affirme avoir pris des mesures pour résoudre la crise, les critiques estiment que ces mesures sont insuffisantes. Les civils dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest restent pris au piège entre les combattants séparatistes et les forces gouvernementales, et l'insécurité persiste.
Le parquet belge n'a pas divulgué l'identité des suspects, mais a confirmé que l'enquête porte sur des violations potentielles du droit international humanitaire. La Belgique applique le principe de compétence universelle, qui permet de poursuivre certains crimes internationaux graves, quel que soit le lieu où ils ont été commis.