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Cameroun : Condamnés à mort en 1984, libres aujourd'hui – L'affaire Marinette Ndomè

Condamnée à mort en 1984 pour le meurtre de son mari, Marinette Ndomè a été libérée après plusieurs années de détention. Son histoire met en lumière l'application de la peine capitale au Cameroun, où

Cameroun : Condamnés à mort en 1984, libres aujourd'hui – L'affaire Marinette Ndomè
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Au Cameroun, la peine de mort, bien que toujours inscrite dans le code pénal, n'est plus appliquée depuis 1997. L'histoire de Marinette Ndomè Dikoum, condamnée à mort en 1984, illustre cette réalité. Condamnée pour l'assassinat de son mari, Vincent Dikoum, cadre à la CAMBANK, elle a finalement été libérée après plusieurs années de détention.

Dans la nuit du 29 janvier 1983, Vincent Dikoum, 37 ans, est sauvagement assassiné dans son sommeil à Yaoundé. L'enquête révèle rapidement que son épouse, Marinette Ndomè, et son amant, Richard Ambang Mbadjé, ont orchestré le crime. Trois hommes de main, recrutés par le couple, poignardent Vincent Dikoum. Le corps est ensuite jeté dans le fleuve Sanaga, près de Ntui, dans une tentative de dissimulation.

En juillet 1984, le Tribunal de Grande Instance (TGI) du Mfoundi condamne à mort Marinette Ndomè, Richard Ambang Mbadjé, Ombouté Jean-Pierre et Ndzana Louis Bertin. Pouli Roger écope de 10 ans de prison. La cour d'appel confirme la sentence. Toutefois, la peine de mort ne sera jamais exécutée.

Au fil des années, les condamnés voient leur peine commuée ou bénéficient de mesures de clémence. Marinette Ndomè est libérée après avoir passé près de 25 ans en prison. Elle vit aujourd'hui en France. Ses complices sont également libérés, retournant dans leurs villages. Richard Ambang Mbadjé décède en avril 2025, en liberté.

Le Cameroun n'a procédé à aucune exécution officielle depuis 1997, ce qui en fait un pays abolitionniste de facto. Cependant, la peine de mort reste inscrite dans le code pénal, notamment pour les infractions liées au terrorisme. Des organisations de défense des droits de l'homme, telles qu'Amnesty International, militent pour l'abolition totale de la peine de mort au Cameroun.

L'affaire Marinette Ndomè Dikoum, qui a marqué les Camerounais, soulève des questions sur l'application de la peine de mort et l'évolution du système judiciaire au Cameroun. En dépit des condamnations à mort prononcées, l'absence d'exécutions depuis plus de deux décennies témoigne d'une tendance vers l'abolition.

Source : www.237online.com