Le Cameroun intensifie son engagement envers la transition énergétique et l'amélioration de l'accès à l'eau potable en allégeant le fardeau financier des investissements industriels. Une circulaire émise par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, le 12 février 2026, détaille une liste spécifique d'équipements essentiels à la production d'eau potable et d'énergies renouvelables, notamment solaire, éolienne et biomasse.
La liste des équipements concernés est vaste et comprend des éléments tels que les panneaux photovoltaïques, les batteries à cycle profond, les câbles solaires, les pompes, les onduleurs, les turbines hydroélectriques, divers instruments de contrôle et de régulation, ainsi que des systèmes de purification de biogaz et des unités de forage.
Selon la circulaire, ces équipements bénéficieront d'une exonération totale des droits et taxes de douane pendant une période de 12 mois. Cette mesure incitative vise à diminuer les coûts initiaux des investissements dans les énergies alternatives et les infrastructures de production d'eau potable, rendant ces projets plus attrayants pour les investisseurs.
Le gouvernement insiste sur le fait que les avantages fiscaux accordés aux opérateurs économiques doivent se traduire par une baisse des prix pour les consommateurs finaux. L'objectif est d'éviter que les incitations douanières ne profitent qu'aux importateurs, sans améliorer l'accessibilité des équipements pour la population.
Des mesures coercitives sont également prévues pour garantir le respect des engagements. Les opérateurs qui ne répercuteraient pas les avantages fiscaux sur les prix s'exposent à des sanctions conformément au Code des douanes de la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale). De plus, toute réexportation des biens importés sous ce régime préférentiel sera soumise au paiement préalable des droits et taxes initialement suspendus.
En réduisant les barrières financières à l'importation de ces équipements, le Cameroun espère stimuler l'investissement dans les infrastructures de production d'énergie et d'eau, en particulier dans les régions mal desservies. L'initiative vise à encourager le déploiement de solutions alternatives, notamment en milieu rural, où l'accès à l'électricité et à l'eau potable reste un défi majeur. Le gouvernement camerounais avait déjà annoncé en juillet 2025 un Compact Énergétique National visant à accélérer l'accès à l'électricité et à la cuisson propre. Ce compact vise à porter le taux d'accès à l'électricité à 100 % et celui aux solutions de cuisson propre à 40% d'ici 2030. En octobre 2025, le Cameroun a déclaré vouloir mobiliser 4 030 milliards FCFA d'investissements privés pour financer son Compact énergétique.
« Le chef de l'État nous a demandé d'être plus présents sur les réseaux sociaux », rappelait le ministre de la Communication lors d'une conférence de presse, soulignant l'importance de la communication gouvernementale autour de ces initiatives.