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Cameroun : 75 milliards de FCFA pour des ordinateurs portables étudiants, quel bilan près de dix ans après ?

En 2017, le Cameroun a investi 75 milliards FCFA pour doter les étudiants d'ordinateurs portables. Près de dix ans après, quel est l'impact réel de ce projet sur l'enseignement supérieur et la transfo

Cameroun : 75 milliards de FCFA pour des ordinateurs portables étudiants, quel bilan près de dix ans après ?
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En 2017, le gouvernement camerounais a lancé un projet numérique ambitieux visant à doter 500 000 étudiants universitaires d'ordinateurs portables, un investissement de 75 milliards FCFA financé par un emprunt auprès de l'Export-Import Bank of China. Ce programme, intégré au E-National Higher Education Network, avait pour objectif de moderniser l'apprentissage et d'accélérer la transformation numérique de l'enseignement supérieur.

Cependant, dès son annonce, le projet a suscité des controverses. Des observateurs ont remis en question la pertinence d'un tel emprunt, soulignant le manque d'infrastructures de base dans les universités camerounaises, telles que les salles de cours, les bibliothèques et les logements étudiants. La question de l'accès à internet est également restée un défi majeur, soulevant des doutes sur l'utilité des ordinateurs portables sans connectivité.

Le programme E-National Higher Education Network ambitionnait de transformer les universités camerounaises en créant un environnement numérique intégré. Les ordinateurs portables étaient perçus comme un outil pédagogique révolutionnaire, facilitant l'accès aux ressources en ligne, aux bibliothèques numériques et aux cours à distance. Toutefois, près de dix ans après le lancement, des interrogations subsistent quant à la distribution effective des 500 000 ordinateurs, leur état de fonctionnement et leur impact réel sur les conditions d'étude. Des témoignages d'étudiants font état d'équipements obsolètes ou rapidement hors service, en raison du manque de maintenance et de suivi technique.

Malgré l'investissement initial, les infrastructures réseau n'ont pas suivi, accentuant la fracture numérique entre les établissements. Les fonds alloués aux ordinateurs portables n'ont pas été complétés par des investissements suffisants dans la connectivité et la formation des enseignants, freinant la transformation numérique promise.

La question de savoir si ces 75 milliards FCFA constituaient la meilleure allocation des ressources publiques pour l'éducation reste posée. Le choix de privilégier l'équipement individuel par rapport aux infrastructures collectives continue d'influencer le système universitaire camerounais. L'endettement auprès de la Chine soulève également des préoccupations quant aux bénéfices réels de cet investissement massif pour les étudiants d'aujourd'hui.

Source : www.camer.be