Le ministère de l'Enseignement supérieur du Cameroun a annoncé la sélection de 600 candidats pour les programmes de doctorat dans les universités d'État, marquant la réouverture des admissions en thèse après une période de suspension. Cette décision, effective depuis le 24 mars 2026, fait suite aux instructions du Chef de l'État et vise à relancer les études doctorales dans le pays.
La sélection, basée sur le mérite académique et les capacités d'encadrement, a été menée en étroite collaboration avec les responsables des institutions universitaires. Les candidatures nationales et internationales ont été évaluées selon des critères rigoureux, notamment la qualité des projets de recherche et leur adéquation avec les priorités de développement définies par la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30).
Outre les 600 candidats camerounais retenus, le dispositif prévoit une ouverture à l'international, avec un quota plafonné à 10 % des effectifs. Les autorités académiques ont insisté sur la nécessité d'un encadrement de qualité, en confiant les directions de thèse exclusivement à des enseignants de rang magistral ou titulaires d'une habilitation à diriger des recherches (HDR). De plus, chaque encadreur ne pourra suivre plus de trois doctorants jusqu'à la soutenance du premier étudiant inscrit sous sa responsabilité.
Les listes définitives des admis, validées par le Ministre d'État, ont été signées par les recteurs et vice-chanceliers des onze universités d'État. Les candidats retenus pour l'année académique 2025/2026 sont invités à se rapprocher de leurs établissements respectifs pour accomplir les formalités d'inscription.
Cette réouverture des admissions en thèse a été saluée par la communauté universitaire, qui a exprimé sa reconnaissance au Chef de l'État pour son engagement envers l'enseignement supérieur et la formation de la jeunesse camerounaise. Toutefois, cette reprise s'accompagne de règles plus strictes, notamment en matière d'admission et d'encadrement, afin d'améliorer la qualité de la formation doctorale. Les étudiants doivent être titulaires d'un master de recherche et obtenir une moyenne minimale de 12/20.
Si le gouvernement camerounais met l'accent sur l'alignement de la recherche doctorale sur les priorités nationales de développement, certains étudiants craignent que le système de quotas ne limite injustement les opportunités pour les candidats camerounais. Des manifestations ont eu lieu, notamment à l'Université de Douala, pour dénoncer ce système.
Les universités de Bamenda, Buea, Douala, Dschang, Ngaoundéré et Yaoundé I accueilleront chacune 60 candidats, tandis que Maroua et Yaoundé II en prendront 75 chacune. Bertoua, Ebolowa et Garoua ont été allouées 30 places chacune. Les frais de scolarité annuels sont de 50 000 FCFA, et les coûts de supervision et de soutenance de thèse seront couverts par l'État.