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Bafoussam : Vente aux enchères des biens saisis par la Communauté urbaine, une pratique controversée

La vente aux enchères des biens saisis par la Communauté urbaine de Bafoussam le 31 mars 2026 soulève des questions sur l'impact de cette pratique sur les populations vulnérables et le respect des pro

Bafoussam : Vente aux enchères des biens saisis par la Communauté urbaine, une pratique controversée
Actualités Cameroun

Le 31 mars 2026, la Communauté urbaine de Bafoussam organise une vente aux enchères publiques sur son esplanade, une initiative qui met en lumière une pratique municipale controversée : la saisie et la vente des biens des petits commerçants. Cette action, présentée comme une opération d'hygiène et de lutte contre le désordre urbain, soulève des questions quant à son impact sur les populations les plus vulnérables. Des familles risquent de voir leurs outils de travail et effets personnels vendus aux enchères.

L'avis de vente, signé par le receveur municipal, détaille une liste hétéroclite d'articles mis en vente : vêtements, sacs scolaires, chaussures de friperie, matériel de couture, vélos, haut-parleurs, et même des bouteilles de gaz. Loin d'être des objets de luxe, ces biens représentent souvent l'outil de travail indispensable pour des vendeurs ambulants, des couturières, des coiffeurs et autres petits artisans qui gagnent leur vie dans les rues de Bafoussam.

Si la Communauté urbaine, dirigée par le maire Roger Tafam, justifie cette opération par la nécessité d'assainir l'espace public, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer le manque de transparence et les conséquences sociales de telles pratiques. Une question centrale demeure : les personnes concernées ont-elles été dûment notifiées de la saisie de leurs biens et ont-elles eu la possibilité de les récupérer avant la vente aux enchères ? L'avis de vente reste muet sur ce point crucial.

Au Cameroun, les municipalités ont régulièrement recours à la saisie de biens auprès des commerçants informels au nom du maintien de l'ordre urbain. Cependant, la mise aux enchères publiques de ces biens, sans garantie de procédure de restitution équitable, pose un problème éthique majeur. Pour de nombreuses familles, une brouette ou une machine à coudre représente l'unique source de revenus. La saisie et la vente de ces outils de travail peuvent avoir des conséquences désastreuses sur leur capacité à subvenir à leurs besoins.

Alors que la date de la vente approche, l'incertitude et l'inquiétude règnent parmi les populations concernées. Elles attendent toujours des réponses quant à la possibilité de récupérer leurs biens et éviter ainsi une perte sèche qui pourrait les plonger davantage dans la précarité. La vente aux enchères prévue le 31 mars met en lumière la fragilité économique de nombreux habitants de Bafoussam et interroge sur les alternatives possibles pour concilier l'ordre urbain et la protection des plus vulnérables.

Source : www.237online.com