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Afrique Centrale : L'ISSEA constate une baisse des tracasseries routières sur les corridors commerciaux

L'ISSEA révèle une baisse des tracasseries routières en Afrique Centrale grâce à l'Observatoire des Pratiques Anormales, améliorant la compétitivité économique et réduisant les coûts de transport.

Afrique Centrale : L'ISSEA constate une baisse des tracasseries routières sur les corridors commerciaux
Économie & Développement

L'Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée (ISSEA), sous l'égide de la CEMAC et avec le soutien financier de l'Union Européenne, a récemment conclu un atelier régional à Yaoundé, Cameroun, axé sur la lutte contre les pratiques anormales qui entravent la fluidité du trafic commercial en Afrique Centrale. Cet atelier, qui s'est terminé le 11 mars 2026, marque l'aboutissement d'un projet initié en 2021 visant à identifier et évaluer les obstacles aux échanges commerciaux dans la sous-région.

Un constat majeur s'est dégagé des discussions : les efforts pour contrer les pratiques anormales sur les corridors d'Afrique Centrale portent leurs fruits, se traduisant par une diminution notable des tracasseries routières. L'Observatoire des Pratiques Anormales sur les corridors d'Afrique Centrale (OPA-AC) a joué un rôle crucial dans ce processus, en diagnostiquant les problèmes entravant le transit sous-régional, qu'il s'agisse du transit portuaire, douanier ou de la circulation sur les routes.

Les enquêteurs de l'ISSEA ont passé des années à sillonner les principaux corridors, notamment Douala-Ndjamena et Douala-Bangui, ainsi qu'à examiner les opérations dans les ports de Douala et Kribi. Les résultats de ces enquêtes ont été présentés lors de l'atelier, dressant un bilan encourageant. Selon Marcel OPOUMBA, directeur général de l'ISSEA, l'impact de l'Observatoire est réel et mesurable, avec des changements significatifs observés, notamment sur le corridor Douala-Ndjamena.

En 2021, les enquêteurs avaient recensé 104 points d'arrêt sur le corridor Yaoundé-Ndjamena, dont 70 points de contrôle assurés par les forces de l'ordre et les douanes, principalement du côté camerounais. Grâce à l'OPA, la CEMAC a mis en place une brigade mixte supervisée par le Comité de Pilotage du Corridor, ce qui a permis de remonter les informations aux pays concernés et de réaliser des contrôles inopinés. En 2025, les contrôles ont révélé une amélioration notable, avec une réduction du nombre de points d'arrêt à 79, dont 46 points de contrôle.

Cette diminution des barrières a eu un impact positif sur les coûts de transport, stimulant ainsi la compétitivité économique. Sur l'axe Yaoundé-Bangui, les tracasseries coûtaient environ 2000 francs CFA tous les 100 kilomètres. L'axe Yaoundé-Libreville a connu une évolution encore plus spectaculaire, avec des dépenses passant de 250 000 francs CFA à 125 000-150 000 francs CFA tous les 100 kilomètres.

L'Union Européenne, partenaire financier du projet, a salué l'approche intégrée de l'ISSEA, soulignant que la libération de la croissance passe par la facilitation des mouvements de personnes et de biens. Philippe LACOSTE, chargé d'affaires à la Délégation de l'Union Européenne à Yaoundé, a insisté sur la nécessité de corridors où la circulation est libre et sans tracasseries, car ces dernières ont un coût répercuté sur le consommateur.

L'atelier de clôture de l'OPA-AC marque une étape importante vers une circulation plus fluide des biens et des personnes en zone CEMAC. L'approche de l'ISSEA, basée sur des données factuelles, devrait aider les décideurs à prendre des mesures pour un trafic sous-régional plus libre et compétitif. Malgré les richesses de la sous-région, les échanges commerciaux intra-communautaires restent faibles, représentant moins de 3,5% des échanges globaux.

Source : www.camer.be