L'affaire Miss Cameroun continue de susciter des réactions. Me Dominique Fousse, avocate engagée, a pris la parole pour dénoncer ce qu'elle considère comme un « lynchage médiatique » de Josiane Golonga, Miss Cameroun 2025. Cette prise de position intervient après la diffusion non autorisée de conversations privées attribuées à la miss, un acte que l'avocate qualifie de violation grave de la vie privée.
« S’approprier des discussions intimes, c’est franchir une ligne rouge », a déclaré Me Fousse, soulignant que la publication de ces échanges, massivement partagés sur les réseaux sociaux, constitue une atteinte à la vie privée de la jeune femme. L'avocate insiste sur le fait que ce vol de données personnelles est une infraction pénale et non une simple opinion. Depuis Yaoundé, l'affaire a pris une ampleur considérable, avec plus de 500 000 partages recensés.
Me Fousse interpelle les médias et les autorités, notamment le Ministère de la Communication, sur leur responsabilité face à cette situation. Elle rappelle que la liberté d'expression a des limites et qu'informer ne doit pas rimer avec humilier. L'avocate insiste sur la violence que représente la publication d'échanges privés dans le but d'exposer une jeune femme à la vindicte populaire.
Cette affaire met en lumière les enjeux de la protection des données personnelles et les risques liés au cyberharcèlement au Cameroun. Elle survient à l'approche de la Journée internationale des droits des femmes, soulignant les failles persistantes dans la société numérique camerounaise. La question de la responsabilité des médias face à la viralité des contenus en ligne est également posée. Refuser de relayer de telles informations, c'est protéger, insiste Me Fousse. Josiane Golonga a été destituée de son titre de Miss Cameroun 2025. À peine 24 heures après sa destitution, elle a été interpellée par la police à Yaoundé.
Au Cameroun, la loi n° 2024/017 relative à la protection des données personnelles est entrée en vigueur le 23 décembre 2024, avec un délai de mise en conformité fixé au 23 juin 2026. Cette loi encadre la collecte, le traitement, le stockage et le transfert des données personnelles, et prévoit des sanctions en cas de non-respect. Elle accorde également des droits aux personnes concernées, comme le droit d'accès, de rectification et de suppression de leurs données.