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Affaire Ekane : la famille exige une enquête indépendante après la mort du président

La famille d'Ekane exige une enquête indépendante sur sa mort en détention, contestant les conclusions de l'enquête administrative initiale et soulevant des questions sur les conditions de sa détentio

Affaire Ekane : la famille exige une enquête indépendante après la mort du président
Actualités Cameroun

Le 25 février 2026, les conseils de Madame Veuve EKANE née Sogue Edwige ont publié un communiqué contestant les conclusions de l’enquête administrative sur le décès de son époux, le Président EKANE Anicet, survenu le 1er décembre 2025. La famille exige une enquête indépendante, jugeant l'enquête initiale « unilatérale » et menée « dans des conditions inopposables ».

Les avocats, Me Hippolyte BT MELI et Me Emmanuel SIMH, dénoncent une procédure conduite sans réelle contradiction, rappelant que le droit international des droits de l’homme garantit aux familles le droit de connaître la vérité sur les circonstances de la mort de leurs proches. Ils soulignent que la Constitution camerounaise et les lois nationales protègent la dignité et l’intégrité des personnes, même après le décès.

Le communiqué réaffirme le devoir de respect aux morts, à la mémoire et à la dignité, opposable à tous, y compris aux plus hautes autorités.

Les avocats de la veuve ne se limitent pas à l'arrestation, mais exigent des réponses précises sur les conditions de détention et les soins administrés au Président Ekane au Centre Médical de la Gendarmerie Nationale. Une enquête transparente est essentielle pour lever les suspicions entourant la chaîne médicale et carcérale ayant conduit à cette mort jugée « brusque et trouble ».

Selon les autorités camerounaises, une autopsie réalisée par un panel de médecins et complétée par des examens en Suisse a conclu à une mort naturelle, due à de sérieuses pathologies préexistantes, sans traces de traumatismes. Le ministère de la défense a déclaré que le rapport d'autopsie révèle « une absence totale de lésions traumatiques et l'existence de pathologies graves ayant entraîné le décès d'un patient aux antécédents médicaux importants ». Le corps d'Ekane a été rendu à sa famille le 23 février 2026.

L'affaire Ekane, arrêté le 24 octobre 2025 pour avoir prétendument organisé des manifestations antigouvernementales après l'élection présidentielle contestée, met en lumière les tensions politiques au Cameroun. L'Union Européenne, le Canada et le Royaume-Uni ont appelé à une enquête transparente sur les circonstances de sa mort.

La famille, soutenue par des organisations de défense des droits de l'homme et des figures de l'opposition comme Maurice Kamto, maintient la pression pour que la lumière soit faite sur cette affaire. La question de savoir si les autorités camerounaises accepteront de rouvrir le dossier reste en suspens, laissant ouverte la possibilité d'une saisine des instances internationales.

Source : www.camer.be